Essence à 4 dollars : la nouvelle escalade Iran-USA fait replonger les automobilistes américains
Qui sème le vent récolte la tempête. L’accalmie n’aura duré que quelques semaines. Ce lundi 20 juillet, le litre d’essence repasse la barre des 4 dollars le gallon aux États-Unis, alors que Washington et Téhéran ont repris leurs frappes autour du détroit d’Hormuz. Un an plus tôt, jour pour jour, le gallon coûtait 3,14 dollars. La différence, elle, se lit directement sur le ticket de caisse à la pompe.
- Le litre d’essence a franchi la barre des 4 dollars le gallon aux États-Unis suite à la reprise des tensions entre Washington et Téhéran.
- Le prix du Brent a atteint 90,95 dollars le baril, marquant une hausse significative due aux frappes autour du détroit d’Hormuz.
Un cessez-le-feu qui n’aura tenu que le temps d’un mémorandum
Le 14 juin dernier, Washington et Téhéran avaient signé un mémorandum d’entente pour stopper les hostilités. L’essence était retombée sous les 4 dollars en quelques jours à peine. Sauf que l’Iran a repris ses attaques contre les navires cherchant à sortir du détroit, et les États-Unis ont répliqué en imposant un blocus sur les ports iraniens. Résultat, selon Fortune : le Brent grimpe à 90,95 dollars le baril, en hausse de 3,2% sur la seule séance de lundi, et de près de 16% sur la semaine. Une première franchie au-dessus des 90 dollars depuis début juin.
Le brut américain (WTI), moins exposé au commerce international mais suivant la même dynamique, progresse lui de 2,8% à 84,04 dollars. Et ce n’est pas un simple accès de fièvre isolé : selon CNBC, cette poussée s’inscrit dans la continuité d’un mois de juillet marqué par des frappes quasi quotidiennes de part et d’autre, même si l’Iran a laissé entendre lundi qu’une reprise du dialogue restait envisageable « sur la base de l’intérêt national ».
Quelles conséquences pour les portefeuilles ?
Un baril plus cher, c’est bien joli sur un graphique. Mais ce qui compte, pour l’automobiliste américain, c’est le prix affiché à la station-service. Et là, le calcul est sans appel : 4 dollars le gallon, contre 3,14 dollars il y a un an. Sur un plein de 50 litres, la note grimpe d’une bonne dizaine de dollars, pile au moment où les Américains s’apprêtent à partir en vacances d’été.
Le détroit d’Hormuz, faut-il le rappeler, n’a rien d’un point de passage anodin : environ 20% de la consommation mondiale de pétrole y transite chaque jour. Chaque frappe, chaque riposte, chaque nouvelle sanction sur les ports iraniens se répercute quasi immédiatement sur le prix du baril, puis sur celui de l’essence, avec un délai de quelques jours à peine.

Bitcoin, spectateur nerveux d’un bras de fer qui ne le concerne pas directement
Le marché crypto observe, lui aussi, cette escalade avec un œil inquiet. Le nous racontions déjà comment un précédent épisode de tensions autour d’Hormuz avait mis Bitcoin sous pression, les investisseurs délaissant les actifs perçus comme risqués au profit de valeurs refuges plus classiques. Rien ne garantit que ce nouvel épisode suivra exactement le même scénario, chaque poussée de tension ayant sa propre dynamique de marché. Mais la corrélation, elle, reste solidement installée depuis le début de l’année.
Un précédent historique mérite toutefois d’être posé sur la table : les chocs pétroliers des années 1970 avaient, eux aussi, commencé par de simples tensions au Moyen-Orient avant de dégénérer en crise économique mondiale durable. L’histoire ne se répète jamais à l’identique. Elle rime, parfois cruellement