Cryptomonnaies : Bybit bloque 700 millions de dollars de retraits frauduleux
Chat échaudé craint l’eau froide. Un an et demi après s’être fait délester de 1,46 milliard de dollars par le groupe Lazarus, Bybit ne prend plus aucun risque. L’exchange affirme avoir intercepté plus de 30 000 retraits suspects au cours du premier semestre 2026, évitant ainsi plus de 700 millions de dollars de pertes potentielles pour ses utilisateurs. Le chiffre donne le vertige, presque autant que le hack qui l’a précédé. Mais il raconte surtout une histoire simple : celle d’une plateforme qui a transformé son pire cauchemar en système immunitaire.
- Bybit a intercepté plus de 30 000 retraits suspects, évitant ainsi plus de 700 millions de dollars de pertes potentielles pour ses utilisateurs.
- L’exchange a poursuivi en justice la Corée du Nord et le groupe Lazarus, obtenant une injonction préliminaire et récupérant partiellement les fonds volés.
Une surveillance dopée à l’IA, du jamais-vu chez Bybit
Concrètement, l’exchange a étendu sa surveillance on-chain et déployé des systèmes de sécurité assistés par intelligence artificielle sur l’ensemble de ses flux de retrait.
Plus de 100 000 alertes de sécurité ont été traitées avec l’appui de cette IA au premier semestre, protégeant près de 20 000 utilisateurs au passage.
Par ailleurs, les tests de sécurité automatisés, qui prenaient auparavant deux semaines, se bouclent désormais en deux heures. Une vitesse d’exécution qui change tout dans un secteur où chaque minute compte : un hacker qui repère une faille avant qu’elle ne soit corrigée peut vider un portefeuille en quelques clics, comme l’a montré Chainalysis dans son analyse du hold-up de février 2025.
Le procès contre Pyongyang avance en parallèle
L’autre volet de la riposte se joue devant les tribunaux. Bybit poursuit officiellement la Corée du Nord et le groupe Lazarus devant un tribunal fédéral américain, et a déjà obtenu une injonction préliminaire gelant une partie des avoirs identifiés.
À ce jour, l’exchange dit avoir récupéré environ 48,4 millions de dollars et fait geler plus de 30,5 millions supplémentaires, répartis sur au moins 28 plateformes et dépositaires à travers le monde. Une goutte d’eau face au 1,46 milliard initial, certes. Mais c’est une des rares fois où un exchange choisit d’attaquer un État plutôt que d’encaisser la perte en silence.
L’épisode dépasse largement le cas Bybit. Pendant des années, les exchanges piratés absorbaient le coup, indemnisaient leurs utilisateurs quand ils le pouvaient, et tournaient la page sans vraiment s’attaquer aux auteurs. Bybit fait l’inverse sur deux fronts à la fois : blinder ses propres systèmes avec de l’IA, et harceler juridiquement les responsables jusque dans leur pays d’origine. De quoi rebattre les cartes pour les autres plateformes, qui risquent désormais de paraître négligentes si elles n’investissent pas dans une défense comparable après un incident de cette ampleur.