Ethereum : Vitalik Buterin juge la bataille de la vitesse des zkEVM définitivement gagnée
Ce jeudi 15 octobre au matin, Vitalik Buterin a félicité l’équipe d’Airbender de ZKsync sur X, jugeant la course à la vitesse des zkEVM définitivement terminée. Pour lui, la priorité doit désormais basculer entièrement vers la sécurité. Un cap qui s’inscrit dans la feuille de route d’Ethereum imaginée par son cofondateur.
Les points clés de cet article :
- ZKsync a présenté le 13 octobre Airbender Prime, un prouveur qui génère des preuves pour 99% de 7 200 blocs en moins de 10 secondes.
- Vitalik Buterin estime que la bataille de la vitesse est définitivement gagnée et appelle à faire de la sécurité la priorité absolue du secteur.
- Il identifie trois chantiers, de l’équivalence avec la spécification d’Ethereum jusqu’à la solidité du système de preuve lui-même.
- Airbender Prime mène le classement public d’ETHproofs sur le temps de preuve moyen, l’efficacité GPU et le coût.
Un prouveur temps réel sur une seule carte graphique
Annoncé le 13 octobre, Airbender Prime se présente comme le premier prouveur Ethereum à générer des preuves en temps réel sur un seul GPU. Dans l’évaluation publiée par l’équipe, une carte NVIDIA RTX PRO 6000 Blackwell a prouvé 99% de 7 200 blocs consécutifs du mainnet en moins de 10 secondes chacune. Aucun bloc n’a dépassé les 12 secondes, préparation du témoin incluse. Dans les faits, de quoi suivre le rythme de la chaîne sans une armada de serveurs.
En pratique, le système repose sur des STARKs, une famille de preuves que ZKsync présente comme robuste, même face à l’ordinateur quantique. Basé sur le standard ouvert RISC-V, il combine le sumcheck GKR, les engagements polynomiaux WHIR, le hachage BLAKE2s et un vérificateur autonome. Face à cette même menace, Bitcoin explore ses propres chantiers de résistance.
Toutefois, l’enjeu dépasse la performance brute. L’entreprise veut offrir à la finance institutionnelle une couche de protection vérifiable publiquement. Dans son communiqué, elle avance qu’un serveur d’exécution compromis ne pourrait pas faire passer une mise à jour frauduleuse. En abaissant la barrière matérielle, l’outil rend la vérification indépendante accessible à davantage d’opérateurs, comme le mesure le classement d’ETHproofs.
Vitalik Buterin passe des félicitations aux devoirs
C’est ce bond qui a suscité la réaction du cofondateur d’Ethereum. Or, pour lui, le rapport de force a changé de nature. Le retard de preuve n’est plus le goulot d’étranglement. Les zkEVM doivent maintenant regarder ailleurs, estime-t-il.
« La bataille de la vitesse est définitivement gagnée, et la priorité des zkEVM devrait se déplacer entièrement vers la sécurité. »
Ainsi, l’intéressé liste trois chantiers à formaliser mathématiquement. Le premier vise à prouver l’équivalence entre l’arithmétisation et la spécification officielle d’Ethereum. Autrement dit, la traduction des règles du réseau en contraintes vérifiables doit coller à la lettre. Le second demande un plafond strict sur le coût du prouveur rapporté au gaz contenu dans un bloc. Il s’agit de garantir qu’aucun bloc ne devienne financièrement incodable. Enfin, le troisième touche à la solidité du système de preuve lui-même.
Par ailleurs, le plan zkEVM 2026 de la fondation fixe un cap de 128 bits de sécurité prouvable d’ici la fin de l’année, selon les détails rapportés par CryptoNews.
De son côté, Vitalik Buterin avait promis une Ethereum bien plus ambitieuse qu’une simple blockchain d’ici 2030. Reste à savoir si les équipes de prouveurs parviendront à sécuriser leurs systèmes avec la même vélocité que celle qui leur a permis de remporter la course. Quoi qu’il en soit, la réponse viendra avec les premiers résultats de vérification formelle.