Ethereum : La Fondation s’attaque à la souveraineté des infrastructures publiques numériques
Partager un réseau sans céder le contrôle. La Fondation Ethereum présente un site consacré au secteur public, avec des explications, des études de cas et des ressources pour les administrations et les organisations d’intérêt général. Elle défend une idée : utiliser une infrastructure ouverte pour coopérer, tout en conservant la maîtrise de ses politiques et des données personnelles.
Cette proposition rejoint les débats européens sur l’identité numérique. Les États membres doivent proposer un portefeuille d’identité d’ici fin 2026, dans un cadre technique commun. Son utilisation reste volontaire pour les citoyens.
Points clés
- La Fondation Ethereum présente des usages possibles pour les administrations, les organisations internationales et les ONG.
- Le système d’identité numérique du Bhoutan utilise un registre sur Ethereum pour vérifier des justificatifs conservés par leurs titulaires.
- Un prototype explore la coordination de l’aide humanitaire sans partage systématique des dossiers personnels.
- Les portefeuilles européens doivent respecter des normes communes, sans obligation de recourir à Ethereum.
Une infrastructure commune pour vérifier, sans publier les données personnelles
Les services publics numériques doivent échanger des informations entre institutions, parfois au-delà des frontières. Une administration peut ainsi devoir vérifier un document délivré par une autre autorité, sans dépendre durablement de son prestataire informatique.
La Fondation présente Ethereum comme un socle partagé dont aucune organisation ne contrôle seule le fonctionnement. Son logiciel ouvert permet d’examiner le code, tandis que les institutions peuvent choisir leurs fournisseurs d’accès au réseau ou exploiter leur propre infrastructure.
Cela ne signifie pas publier les dossiers des citoyens sur une blockchain. Les applications peuvent conserver les justificatifs auprès de leurs titulaires et utiliser le réseau pour vérifier leur authenticité. Les organismes émetteurs restent responsables des informations qu’ils certifient.
Le système National Digital Identity du Bhoutan illustre cette approche. Les utilisateurs détiennent leurs justificatifs dans leur portefeuille NDI et choisissent les informations à présenter. Un registre partagé sur Ethereum aide les services participants à vérifier ces documents sans les rendre publics.
Le dispositif distingue ainsi trois fonctions : délivrer une attestation, la conserver et en vérifier l’authenticité. Leur répartition vise à limiter les dépendances, sans supprimer le rôle des autorités nationales.

De l’aide humanitaire aux portefeuilles d’identité européens
La Fondation présente également un prototype de coordination de l’aide humanitaire, développé par son équipe Technical Foundations après des échanges avec des acteurs du secteur. Il ne s’agit pas d’un déploiement généralisé.
Le projet combine identité décentralisée et mécanismes de paiement confidentiels. Il explore la possibilité de coordonner l’assistance sans obliger les organisations à échanger leurs dossiers personnels ni à confier le réseau à une seule agence.
En Europe, le portefeuille d’identité poursuit certains objectifs comparables de maîtrise des données. La Commission prévoit notamment le partage des seules informations nécessaires. Toutefois, la divulgation sélective ne suppose pas automatiquement l’utilisation de preuves à divulgation nulle de connaissance.
Le cadre européen impose aussi des standards, des protocoles et des formats communs pour assurer l’interopérabilité. Il comprend une architecture de référence et des composants logiciels ouverts : les États ne choisissent donc pas leur technologie sans contraintes.
La proposition d’Ethereum constitue une option d’architecture, pas une garantie automatique de souveraineté. Le contrôle effectif dépend aussi des applications, des intermédiaires, de la protection des données et des moyens dont disposent les institutions pour vérifier le système et changer de prestataire.