Wall Street dit non : 33 entreprises refusent leurs actions tokenisées sur OKXICE
Fronde à Wall Street. Microsoft, Alphabet, JPMorgan Chase ou encore Coca-Cola s’opposent à la négociation de versions tokenisées de leurs actions sur OKXICE, la plateforme que préparent OKX et ICE, maison mère du New York Stock Exchange. La notice publiée le 27 octobre recense 33 entreprises ayant formulé une objection. Dans ce cadre expérimental, leur refus dispose d’une véritable portée juridique.
Points clés
- Trente-trois sociétés cotées aux États-Unis ont objecté au projet, dont Microsoft, Alphabet et JPMorgan.
- Le dispositif de la SEC permet aux émetteurs de bloquer certains titres tokenisés sur la plateforme concernée.
- Cette opposition vise un mécanisme précis de négociation, sans constituer une interdiction générale de la tokenisation.
- Le cadre exige que les détenteurs des jetons bénéficient des mêmes droits que les porteurs d’actions traditionnelles.
Microsoft, JPMorgan et Coca-Cola parmi les opposants à OKX-ICE
La contestation dépasse désormais les entreprises technologiques. Aux côtés de Microsoft, Alphabet, Oracle et Intel figurent Goldman Sachs, Wells Fargo, McDonald’s ou encore UnitedHealth. Les sept nouveaux noms portent le total de 26 à 33 : JPMorgan Chase, AMD, Applied Materials, Coca-Cola, Adobe, Dell Technologies et Sandisk.
La notice ne précise pas les raisons individuelles de ces objections. Il serait donc prématuré d’y voir un rejet collectif de toute utilisation de la blockchain pour les actions.
OKXICE prévoit des échanges contre des stablecoins sur X Layer, avec des réserves de liquidité automatisées plutôt qu’un carnet d’ordres classique. La coentreprise appartient à parts égales aux entités d’ICE et d’OKX concernées.
Son inscription sur la liste des plateformes ayant déclaré leur intention d’utiliser l’exemption ne vaut toutefois pas validation réglementaire. La SEC précise qu’elle ne certifie, par cette inscription, ni leur conformité aux conditions requises ni l’exactitude de leurs déclarations.

Actions tokenisées : Un droit d’objection prévu par la SEC
Le mécanisme repose sur l’« Innovation Exemption », adoptée le 17 septembre dernier. Cette exemption temporaire, prévue pour cinq ans, autorise sous conditions certaines plateformes à organiser la négociation d’actions tokenisées.
Lorsqu’un tiers indépendant de l’émetteur réalise la tokenisation, la plateforme doit notifier l’entreprise concernée. Celle-ci dispose de 30 jours calendaires pour s’opposer. Si elle transmet son objection dans les délais, la plateforme ne peut pas proposer ce titre sous le régime de l’exemption. La SEC le confirme explicitement dans sa foire aux questions.
Ce droit porte sur la négociation du jeton sur la plateforme concernée. Il ne donne pas à l’entreprise un pouvoir général sur tous les échanges de ses actions, ni sur tous les produits tokenisés existants.
Par ailleurs, le cadre ne se contente pas d’une exposition au cours boursier. Il impose à la plateforme de vérifier que les jetons accordent les mêmes droits et privilèges que les actions traditionnelles correspondantes. Il prévoit aussi des plafonds de volumes et des obligations de transparence.
Les 33 objections constituent donc un obstacle concret au catalogue d’OKX-ICE. Elles illustrent surtout une limite du dispositif : ouvrir la négociation d’actions sur blockchain ne dispense ni de préserver les droits des investisseurs ni de respecter le droit d’opposition accordé aux émetteurs.