Fiasco MNBC au Nigéria – L’échec local d’une stratégie globale ?

Un pamphlet contre les MNBC. À l’heure où l’évènement des monnaies numériques de banques centrales (MNBC) est annoncé comme inéluctable, des voix s’élèvent pour dénoncer leur nocivité, voire leur caractère autoritaire. Au-delà des débats techniques, certains penseurs veulent remettre l’éthique et la politique au cœur du projet monétaire pour être certains que ces fameuses MNBC soient instaurées pour le bien de la population et du plus grand nombre.

L’exemple du Nigéria est à ce titre symptomatique d’un calendrier mené à marche forcée qui a débouché sur un fiasco par manque de préparation, d’implication des corps intermédiaires, mais surtout par un manque de considération évident pour les petites gens qui ont sérieusement pâti des errements de leur gouvernement.

L’instauration du eNaira au Nigéria ou la chronique d’un échec annoncé

Ces critiques sont issues d’un article publié sur le site de l’Institut Mises, qui est une organisation universitaire libertarienne qui se destine à l’enseignement et à la recherche en philosophie et en économie politique. Inspiré des principes de l’Ecole autrichienne, cet institut délivre régulièrement des contenus autour des cryptos, mais préfère de loin Bitcoin aux MNBC centralisées.

Aujourd’hui, nous allons partager avec vous les pensées de Jan M. Fijor qui a trempé sa plume dans le vitriol et qui livre un constat sans appel sur la situation au Nigéria.

Il commence par faire un rappel chronologique des événements qui ont débuté avec un référendum en octobre 2022 organisé par le pouvoir en place. Il était question pour la population de se positionner sur l’instauration d’une monnaie numérique. Et malgré un vote à 99,5 % contre, le gouvernement a poursuivi dans cette voie.

Ont suivi, des mois d’annonces et de décisions toutes plus incongrues les uns que les autres. L’argent liquide a commencé à être retiré de la circulation, puis un changement de billet a été annoncé avant d’être différé devant la gronde sociale. Dans une économie où l’inclusion bancaire est encore trop faible, le manque de liquidité a plongé une grande partie de la population dans une situation catastrophique.

Il faudra finalement attendre les élections présidentielles et l’arrivée du nouvel homme fort d’Abuja qui mettra un terme à la crise en restaurant l’ancienne monnaie aux côtés du nouveau Naira, mais aussi du eNaira. Soit trois devises différentes qui se côtoient dans un même pays, avec même un jeu de spéculation entre elles. Ubuesque.

Le Nigéria serait, selon notre témoin du jour, une sorte de laboratoire à ciel ouvert pour les puissances économiques étrangères pour tester les MNBC sur un pays important.
Le eNaira a été instauré au Nigéria malgré la volonté manifeste de la population qui en a beaucoup souffert

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La résilience des petites gens face aux absurdités des gouvernants

Bola Ahmed Tinubu, le nouveau président, ira jusqu’à démettre l’ancien responsable de la banque centrale du pays, Godwin Emefiele, pour des soupçons d’irrégularités, voire de prise d’intérêt personnel. Pendant ce temps-là, les Nigérians et les Nigérianes ont souffert. Beaucoup. Déjà lourdement impactés par une inflation record et une dévaluation terrible de leur monnaie, ils ont en plus dû faire face à un manque de devises dans les rues !

Ceci a entraîné un renouveau du troc et un retour au système D, sur fond d’émeutes et de révolte sociale larvée.

Mais il faut croire que le manque de confiance initial dans les autorités et une forme de fatalisme ont empêché le pays de sombrer dans le chaos. La population a ainsi pu traverser la crise grâce à l’entraide familiale et à une grande capacité de résilience. Mais à l’heure du bilan, le constat de notre témoin du jour est cruel.

Pour Jan M. Fijor, toute cette situation vient d’un manque de préparation évident, d’une anticipation proche du néant, mais surtout, il y voit la patte discrète des mondialistes du Forum économique mondial, du Fonds monétaire international, des États-Unis et même de la FED. Le pays le plus peuplé du continent était-il un laboratoire à ciel ouvert de certaines puissances économiques internationales ?

L’auteur le pense fortement et regrette amèrement que le petit peuple ait eu à souffrir de tels agissements. Il conclut avec la phrase suivante, entre prophétie et mise en garde :

« le cas du Nigeria aidera-t-il d’autres banquiers centraux et tous ces citoyens du monde à parvenir aux mêmes conclusions [que moi] ? Probablement pas, c’est pourquoi nous attendons le prochain désastre économique ».

Jan M. Fijor, mises.org

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Ben Canton

Prof à la ville comme à la scène, vulgariser et expliquer c'est mon quotidien. Crypto-agnostique pratiquant, je cherche la lumière dans les ténèbres des internets en essayant d'éviter les querelles de chapelles ! En attendant la révélation, j'achète du Bitcoin pour mes enfants et je m'enthousiasme pour les projets à destination du grand public.