Sanctions anti-russes : le Trésor US blackliste des adresses Bitcoin et Ethereum

Géopolitique et cryptos – Il y a une dizaine d’années, quand Bitcoin (BTC) et les cryptomonnaies étaient parfois moquées, qui aurait pu penser qu’ils deviendraient un enjeu de confrontation stratégique entre les États-Unis et la Russie ? Ce 1er février 2023, le Trésor américain vient en tout cas de démontrer l’enjeu géopolitique que représentent les cryptos. Bitcoin et Ethereum (ETH) auraient en effet été utilisés pour contourner les sanctions US contre les Russes.

La surveillance de chaque instant des transactions blockchains par l’OFAC

Les services de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor des États-Unis ont déjà fait parler d’eux dans la cryptosphère, à de nombreuses reprises. C’est par exemple l’OFAC qui a lancé la cabale contre le mixeur crypto Tornado Cash, et qui veut obliger à la censure des transactions Ethereum qui ne lui conviennent pas.

C’est dans cet esprit que l’Office de contrôle des actifs étrangers vient de pointer du doigt deux adresses cryptos. Dans un communiqué de presse publié en ce début février, l’OFAC annonce imposer « des sanctions de blocage complètes » à l’encontre de 22 personnes et entités (dans plusieurs pays), qui seraient liées à un « réseau d’évasion des sanctions » soutenant la Russie.

Le communiqué précise que les mesures prisent s’inscrivent dans la stratégie d’extraterritorialité du droit américain, visant à :

« (…) cibler méthodiquement et intensivement les efforts de contournement des sanctions [étasuniennes] dans le monde entier ».

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Des adresses BTC et ETH d’un ressortissant russe « bloquées » (sous sanctions)

L’action de l’OFAC concerne plus particulièrement Igor Vladimirovich Zimenkov, ainsi que son fils, Jonatan Zimenkov. Ils sont accusés par le service américain d’avoir soutenu des entreprises russes comme Rosoboroneksport et Rostec, toutes deux sous sanctions US, ainsi qu’une entreprise biélorusse (Belspetsvneshtechnika), également sous sanctions.

Et comme on peut le voir ci-dessous, une adresse Bitcoin (XBT) et une adresse Ethereum (ETH) de Jonatan Zimenkov sont désormais sur la liste noire de l’OFAC. Toutes les entités, américaines et étrangères, se conformant au droit US ont donc interdiction d’avoir un lien avec ces adresses, sous peine de poursuites.

L’OFAC et le Trésor US sanctionnent des wallets cryptos appartenant à des Russes.
Les adresses BTC et ETH blacklistés par l’OFAC – Source : home.treasury.gov

Évidemment, ces adresses ne sont pas « bloquées » en tant que tel, grâce à la résistance à censure de ces réseaux décentralisés (en tout cas pour Bitcoin, pour Ethereum, c’est plus compliqué). Elles pourront donc par exemple continuer à échanger avec des pays déjà sous sanctions des États-Unis. Et cette liste de nations sous embargo se rallonge de plus en plus :

Les pays « hors-la-loi » (sous sanctions), selon l’OFAC et les États-Unis.
Les pays sous embargo, et ceux sous haute surveillance, de l’OFAC américaine – Source : paxful.zendesk.com

Si les services du Trésor américain ne peuvent pas bloquer les transactions en bitcoins (et en ethers, encore pour l’instant), ils s’emploient depuis un bon moment déjà à tracer, traquer, et identifier les transactions blockchains contraires aux intérêts US. Le problème qui risque de se poser pour les États-Unis, c’est que les entités sous sanctions vont bientôt être tellement nombreuses, qu’elles pourraient finir par faire des échanges blockchains entre elles, avec des adresses « blacklistées US » des deux côtés.

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Rémy R.

Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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