Jane Street détenait près d’1 milliard de dollars d’ETF Bitcoin au 30 juin, dont 828 millions dans l’IBIT
Le monde autour de Jane Street a tremblé cet été, mais son portefeuille d’ETF Bitcoin, lui, n’a pas bronché. Le teneur de marché américain vient de déposer son formulaire 13F pour le deuxième trimestre 2026, révélant une exposition de près d’un milliard de dollars aux ETF Bitcoin au comptant à la date du 30 juin. Un chiffre impressionnant en apparence, mais qui raconte moins une conviction qu’un mécanisme de marché bien huilé.
- Jane Street a révélé une exposition de près d’un milliard de dollars aux ETF Bitcoin au comptant, principalement via l’IBIT de BlackRock.
- Malgré une perte de 15 milliards de dollars en juillet, Jane Street a continué d’afficher des revenus de trading impressionnants, illustrant la complexité de son rôle de teneur de marché.
IBIT concentre 828 millions sur près d’un milliard de dollars détenus par Jane Street
Autrement dit, 84 cents sur chaque dollar exposé au Bitcoin via ETF chez Jane Street passe par un seul et même produit. Ce chiffre marque un retournement spectaculaire par rapport au premier trimestre, où la firme avait réduit sa position IBIT de 71%, la faisant chuter de 20,3 à 5,9 millions d’actions, avec un mouvement comparable sur le FBTC. Ce genre de va-et-vient massif d’un trimestre à l’autre n’a rien d’un hasard chez un acteur pareil.
Jane Street, teneur de marché avant tout : pas un pari sur le Bitcoin
Reste que le 13F ne capture qu’une seule face du book, celle des positions longues à un instant T, sans les dérivés ni les positions courtes qui pourraient parfaitement compenser cette exposition. Jane Street agit en tant que participant autorisé (l’intermédiaire habilité à créer et racheter des parts d’ETF en gros blocs directement auprès de l’émetteur) sur plusieurs ETF Bitcoin, dont celui de BlackRock. Concrètement, détenir des parts sur son bilan tient souvent davantage de l’inventaire de marché que d’un pari directionnel sur le cours.
Et le contexte de ce trimestre rend l’anecdote encore plus frappante : ce même 30 juin marquait la fin d’une période qui a débouché, en juillet, sur une perte d’environ 15 milliards de dollars liée à l’effondrement du titre Situational Awareness et à des paris perdants sur les actions asiatiques, selon Bloomberg. Le pire mois de la firme depuis une décennie, et pourtant son stock d’ETF Bitcoin, lui, tenait toujours la route.
Jane Street n’en sort pas franchement fragilisée pour autant. Plus de 40 milliards de dollars de revenus nets de trading engrangés depuis le début de l’année, un montant qui dépasse déjà le record annuel de 39,6 milliards établi en 2025. Difficile donc de lire cette perte de juillet comme un signal de détresse. Elle éclaire plutôt une réalité plus large : la frontière entre teneur de marché, trader pour compte propre et fonds spéculatif s’est nettement estompée chez les nouveaux poids lourds de la finance, à l’image de JPMorgan qui a lui aussi triplé son exposition à l’IBIT ce même trimestre. Le prochain 13F de Jane Street, celui du troisième trimestre, est attendu mi-novembre et dira si cette position tient, grossit encore, ou se dégonfle comme au premier trimestre.