Ripple Prime : des perpétuels sur actions et matières premières ouverts aux institutions sur Hyperliquid
Wall Street ne dort plus. Jeudi 15 octobre, Ripple a annoncé le lancement de perpetual swaps adossés à des actifs réels (real-world assets). La porte d’entrée s’appelle Ripple Prime, qui ouvre plus de 100 marchés traditionnels aux institutions. Le market maker Virtu figure parmi les premiers clients. Un terrain déjà exploré par DeepSigma et ses perpétuels sur actions.
Les points clés de cet article :
- Ripple Prime propose depuis le 15 octobre des perpetual swaps couvrant plus de 100 marchés, des actions aux devises.
- Les contrats sont cotés par Trade.xyz sur Hyperliquid, avec Ripple Prime comme contrepartie unique.
- Le stablecoin de Ripple sert de collatéral, avec une marge consolidée sur l’ensemble du portefeuille.
- L’open interest sur ces perpétuels traditionnels culmine à 9 milliards de dollars en un an.
Plus de 100 marchés traditionnels, traités sans interruption
Le menu a de quoi séduire un desk traditionnel. Des clients institutionnels, dont Virtu, négocient déjà ces swaps sur plus de 100 marchés de référence, où actions, indices, ETF, métaux, énergie et devises figurent au catalogue. Autrement dit, l’or, trônant vers 4 100 dollars l’once, côtoie désormais le pétrole et les grandes paires de devises. Tous ces contrats se traitent et se règlent en continu, week-end compris.
Dans les faits, ces produits renvoient à des perpetual futures cotés par Trade.xyz sur Hyperliquid, une plateforme décentralisée de dérivés. De son côté, Ripple Prime est le contrepartie direct de ses clients, ce qui offre aux clients une relation unique, un risque centralisé et une marge mutualisée sur l’ensemble du portefeuille. De surcroît, le stablecoin développé par Ripple est accepté comme garantie sur ces transactions. Les expositions se croisent en outre avec les autres classes d’actifs de la maison de courtage.
Interrogé dans le communiqué, Michael Higgins, PDG international de Ripple Prime, résume l’ambition :
« Les swaps sur actifs réels sont le point de rencontre entre les marchés traditionnels et les marchés digitaux. »
En effet, le dirigeant rappelle que sa structure a été bâtie pour évoluer dans ces deux mondes, avec une longue pratique de la compensation et du collatéral numérique, de jour comme de nuit.
Des hedge funds aux portes des actifs réels tokenisés
Pour rappel, Ripple Prime n’est autre que l’ex-prime broker Hidden Road. Ripple avait annoncé son rachat à Paris Blockchain Week avant de boucler l’opération en octobre 2025 pour 1,25 milliard de dollars. Depuis, la branche enchaîne les déploiements, entre un courtage spot digital ouvert aux USA fin 2025 et une activité Delta One lancée cet été.
Côté demande, l’engouement ne date pas d’hier. D’après nos confrères d’Odaily, relayés par Binance Square, l’open interest de ces produits serait passé de zéro à 9 milliards de dollars en un an. Certaines institutions y recourent pour du basis trading. D’autres s’en servent pour se positionner en dehors des heures de bourse. Selon Higgins, les hedge funds traditionnels seraient tout proches de trader directement des actifs réels tokenisés.
Sans grande surprise, le communiqué évoque une croissance exponentielle des volumes depuis janvier. Toutefois, l’offre passe pour l’heure par la licence de Ripple Prime aux îles Vierges britanniques. D’autres régions devraient suivre dans un futur proche.
Ainsi, Ripple ajoute une pièce de plus à l’édifice de la tokenisation, un secteur que Grayscale place parmi les favoris d’Ethereum et de Solana. Il reste maintenant à savoir si les grandes institutions franchiront le pas depuis des juridictions plus étroitement régulées, ou si les îles Vierges resteront longtemps la porte d’entrée de Wall Street version crypto.