Euro numérique : Christine Lagarde met la pression sur le Parlement européen
La présidente met la pression. À quelques heures du vote du Parlement européen sur l’euro numérique, la présidente de la BCE a rappelé aux élus continentaux l’importance de ce texte et elle s’est même permis de gentiment leur mettre la pression. Christine Lagarde est très favorable à la mise en place d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) en Europe et elle veut peser de tout son poids dans le projet.
Points clés
- Le Parlement européen vote sur la création de l’euro numérique, une MNBC appelée à coexister avec billets et pièces
- Christine Lagarde pousse les eurodéputés à soutenir le texte en leur mettant légèrement la pression
- La BCE annoncera ses prestataires de paiement en juillet, pour un pilote au second semestre 2027
- La législation devrait être adoptée d’ici fin 2026
Christine Lagarde a envie que l’expérience euro numérique se passe bien…
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, défend une nouvelle fois l’euro numérique, alors que le Parlement européen doit se prononcer demain (le 23 juin) sur ce projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC), soit la version officielle et étatique d’une monnaie sous forme numérique.
La patronne de la BCE pousse les eurodéputés à soutenir le texte afin de passer à la prochaine étape, mais surtout elle souhaite que les Européens aient une première bonne impression de ce nouvel outil :
« Demain, avec un peu de chance, nous serons passés à la phase suivante (…) qui sera plus technique avec la mise en place d’un projet pilote (…). Mais surtout nous devons nous assurer que nos compatriotes européens aient une bonne [première] expérience [avec cet euro numérique] car nous n’aurons pas de deuxième chance pour faire bonne impression. Cela doit être une bonne expérience ! Et je suis impatiente que cela arrive. »
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, devant le Parlement européen – Source : Compte X

… et elle le fait savoir aux députés européens.
Et pour que tout se passe pour le mieux – de son point de vue – la présidente de la BCE y est allée de son petit coup de pression :
« Je ne vous mets pas la pression, mais les résultats de demain sont très importants…»
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, devant le Parlement européen – Source : Compte X
Le 23 juin, la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen doit donc voter sur le projet d’euro numérique, avant un passage en séance plénière prévu en juillet. Le texte vise à créer une version numérique de la monnaie unique émise par la Banque centrale européenne, tout en développant des infrastructures de paiement européennes afin de réduire la dépendance de l’Union aux réseaux américains comme Visa et Mastercard.
Ses promoteurs mettent en avant trois objectifs principaux : renforcer la souveraineté financière européenne, offrir un moyen de paiement public numérique complémentaire au cash et réduire les coûts des paiements pour les consommateurs et les commerçants.
À ce stade, le texte semble disposer d’une majorité potentielle grâce au soutien des groupes S&D (Socialistes et Démocrates), Renew (l’équivalent du bloc central), des Verts et d’une partie du PPE (bloc de droite républicaine), tandis que les formations souverainistes et d’extrême droite restent largement opposées au projet. Le vote du 23 juin permettra donc de mesurer si l’argument de la souveraineté européenne, renforcé par les récentes tensions avec les États-Unis, est désormais suffisamment puissant pour faire avancer l’un des projets monétaires les plus ambitieux – mais aussi les plus décriés – de l’Union européenne depuis la création de l’euro.