Fuites de données et sécurité des détenteurs de crypto : L’Adan alerte la CNIL
Des données personnelles à la sécurité des détenteurs de crypto. L’Adan annonce ce 12 octobre avoir adressé un signalement à la CNIL concernant des incidents impliquant des données détenues par l’administration fiscale. L’association professionnelle demande des vérifications sur leur protection et sur les risques auxquels leur divulgation peut exposer les acteurs du secteur et leurs proches.
- L’Adan saisit la CNIL après un courrier adressé à Bercy en mars, resté sans réponse selon l’association.
- La démarche concerne notamment l’intrusion dans FICOBA et des soupçons de divulgation par une agente de la DGFiP.
L’Adan demande à la CNIL de vérifier la protection des données fiscales
Dans sa publication du jour, l’Adan (Association pour le développement des actifs numériques) explique poursuivre une démarche engagée en mars auprès du ministère de l’Économie et des Finances. Faute de réponse à ce courrier, elle sollicite désormais la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) pour examiner le respect des obligations de protection des données personnelles.
L’association vise notamment deux dossiers distincts : les accès illégitimes au fichier national des comptes bancaires, (FICOBA), et les soupçons de transmission d’informations confidentielles concernant des acteurs crypto par une agente de la DGFiP.
Avec l’accompagnement bénévole d’ORWL, notamment des avocats Romain Chilly et Hugo Ferraris, elle souhaite préciser l’étendue des données potentiellement compromises et identifier les personnes concernées. Elle demande également de vérifier les notifications, l’information des victimes et les mesures de contrôle des accès.
L’Adan insiste sur un enjeu particulier : la divulgation de renseignements personnels peut exposer les détenteurs de crypto et leurs familles à des risques physiques. Sa démarche porte donc aussi sur la prise en compte de ces conséquences dans la protection des fichiers publics.
Le signalement constitue une demande de vérification. À ce stade, l’annonce de l’association ne permet pas de conclure que la CNIL a ouvert une enquête ou constaté un manquement.

FICOBA : Des explications publiques, mais des questions encore soulevées
L’incident FICOBA dispose déjà d’une documentation officielle. Le 18 février 2026, la DGFiP a annoncé qu’un attaquant avait usurpé les identifiants d’un fonctionnaire pour consulter une partie du fichier. L’administration évoquait 1,2 million de comptes concernés, avec des identités, des adresses et des coordonnées bancaires. Ce chiffre ne correspond pas nécessairement à autant de personnes.
Dans une réponse parlementaire publiée le 9 juin, le gouvernement précise que les accès frauduleux ont duré de fin janvier au 13 février. Il indique avoir informé les usagers par courriel ou courrier, ainsi que les banques concernées, puis rétabli les accès des partenaires le 23 mars avec des habilitations plus restreintes. Ces explications publiques ne constituent toutefois pas une réponse au courrier de l’Adan.
Le dossier de l’agente relève d’une autre situation. ORWL évoquait en juillet une fonctionnaire mise en examen en juin 2025, soupçonnée d’avoir transmis des renseignements sur des contribuables, dont des investisseurs crypto. Ces soupçons ne suffisent pas à établir un lien avec chaque agression visant des détenteurs.
En saisissant la CNIL, l’Adan place ainsi la confidentialité des données administratives au cœur de la sécurité du secteur. Au-delà des comptes et des déclarations fiscales, les informations conservées par l’État peuvent aussi révéler des identités et des domiciles : leur protection concerne directement les personnes et leurs proches.