Arnaque crypto au mauvais numéro : 140 000 dollars envolés au Canada
Un SMS égaré, puis des mois de conversation. Une habitante de Guelph, en Ontario, a perdu environ 140 000 dollars canadiens dans une arnaque crypto partie d’un simple « mauvais numéro ». Une partie de l’argent est passée par ces ATM crypto que le Canada veut justement interdire.
- Une habitante de Guelph, en Ontario, a été victime d’une arnaque crypto, perdant environ 140 000 dollars canadiens après avoir répondu à un SMS prétendument envoyé par erreur.
- Le Canada envisage d’interdire les distributeurs de cryptomonnaies, un outil fréquemment utilisé par les escrocs pour blanchir de l’argent, après avoir constaté des pertes significatives dues à des fraudes.
Arnaque crypto du mauvais numéro : le scénario de Guelph
Tout commence il y a plusieurs mois par un SMS. La destinataire croit à une erreur de numéro et répond.
Son interlocuteur entretient l’échange, gagne sa confiance, puis l’oriente vers l’investissement en cryptomonnaies. D’après le communiqué de la police de Guelph publié le 23 octobre 2026, il la convainc d’ouvrir des comptes auprès de plusieurs plateformes crypto.
Elle y verse ses « investissements » par virements bancaires et par des dépôts dans des distributeurs de cryptomonnaies. Sur l’écran, son solde grimpe nettement.
Puis vient la demande de retrait. On lui répond qu’il faut d’abord payer des frais substantiels. Bilan : environ 140 000 dollars canadiens perdus.
Ce montage porte un nom chez les spécialistes de la fraude, le pig butchering, littéralement « l’abattage du cochon ». La victime est engraissée de faux gains affichés sur une plateforme que contrôlent les escrocs, puis saignée quand elle veut récupérer sa mise. Les « frais » de retrait servent de dernière ponction.
Le Canada veut débrancher les ATM crypto
Le Centre antifraude du Canada (CAFC) a recensé environ 351 millions de dollars de pertes au premier semestre 2026. La fraude à l’investissement reste en tête avec 139,6 millions, et l’organisme estime que seules 5 à 10 % des fraudes lui sont signalées.
Les bornes crypto sont dans le viseur depuis longtemps. Dès 2023, une analyse interne de FINTRAC, la cellule de renseignement financier canadienne, les décrivait comme la méthode que les fraudeurs privilégieraient encore pour collecter et blanchir l’argent de leurs victimes. Pour la seule année 2024, le CAFC chiffrait à 14,2 millions de dollars les pertes déclarées via ces machines.
Ottawa a tranché en avril. La mise à jour économique du printemps 2026 propose d’interdire les ATM crypto sur tout le territoire, pour priver les escrocs d’une méthode privilégiée pour dépouiller leurs victimes. Le pays en comptait près de 4 000, l’un des parcs les plus denses au monde. Aucune date d’entrée en vigueur n’a été fixée lors de l’annonce.
La police de Guelph répète la consigne de base contre ce type d’arnaque crypto. Méfiez-vous de tout appel, courriel ou SMS qui exige d’agir vite, et contactez vous-même l’expéditeur supposé avant de bouger le moindre dollar. Les victimes, même sans perte, peuvent signaler les faits au CAFC.
Le schéma n’a rien de local. Aux États-Unis, la justice a déjà saisi 225 millions de dollars liés à des arnaques pig butchering.