Bitcoin à 75 700 $ : 3 signaux à surveiller avant la réouverture de Wall Street
Week-end sous perfusion. Le bitcoin s’échange autour de 75 700 dollars ce dimanche 8 novembre et cède 2,6 % sur sept jours. Le calme sur 24 heures (moins de 0,3 %) est trompeur. Vendredi, le BTC a glissé jusqu’à 74 762 dollars et touché son plus bas depuis le 21 août. Pourtant, il dépassait encore 80 000 dollars le 4 novembre au lendemain des midterms.
Trois dossiers pèsent plus lourd que n’importe quelle prédiction de prix avant la réouverture de Wall Street lundi. Et deux des trois viennent de l’extérieur du marché crypto.
- Le bitcoin a connu une semaine tumultueuse en chutant à son niveau le plus bas depuis août, oscillant autour de 75 700 dollars.
- Les signaux inquiétants s’accumulent avec une hausse du levier malgré la baisse du bitcoin et des retraits significatifs des ETF Bitcoin, soulignant une instabilité persistante sur le marché.
Bitcoin à 75 700 dollars, la photo du dimanche
Les chiffres d’abord. Le BTC vaut environ 75 800 dollars ce dimanche à la mi-journée. Selon CoinGecko, il n’a pas quitté un couloir de 75 540 à 76 150 dollars depuis 24 heures. Sa capitalisation atteint 1 520 milliards de dollars, soit une dominance de 57,85 % d’un marché crypto global à 2 634 milliards. L’indice Fear & Greed d’alternative.me (une note de 0 à 100 de l’humeur du marché) est tombé samedi à 25, en zone de « peur extrême », avant de remonter à 28 dimanche. Il affichait 64 il y a un mois.
Le support technique le plus suivi se trouve pile sous le prix. La moyenne mobile simple à 50 semaines passe vers 75 500 dollars et le bitcoin oscille juste dessus. Keith Alan, cofondateur de Material Indicators, prévient que la zone des 75 500 dollars doit tenir sous peine d’un repli vers 69 000 dollars.

Premier signal, le levier gonfle pendant que le bitcoin baisse
Une chute violente nettoie d’ordinaire le levier. Pas cette fois. L’open interest sur les contrats à terme bitcoin mesure le total des positions ouvertes, longues et courtes confondues. Or, selon des données Glassnode relayées les 6 et 7 novembre, il a gonflé de près de 1,5 milliard de dollars pendant la baisse. Un milliard de ce total est arrivé pendant les heures de cotation américaines de jeudi. De plus, les taux de financement ont repris le chemin de la hausse. Ce loyer, les acheteurs à levier le paient aux vendeurs quand les paris haussiers dominent. En clair, des traders rachètent la chute à crédit.
Ce levier frais s’empile sur un champ de ruines. CoinGlass a comptabilisé 1,05 milliard de dollars de positions liquidées en 24 heures vendredi, très majoritairement des positions longues. Un open interest qui remonte quand le prix descend fabrique le carburant de la prochaine cascade. Les longs ouverts cette semaine sautent les premiers si 75 500 dollars lâche. Et si le prix repart, ce sont les vendeurs à découvert qui courent après le marché.
Deuxième signal, les ETF Bitcoin repassent dans le rouge sur 2026
Les douze ETF Bitcoin spot américains ont rendu 1,28 milliard de dollars nets la semaine dernière. C’est leur pire bilan hebdomadaire depuis fin juin selon les données SoSoValue compilées par The Block. Jeudi et vendredi ont concentré l’hémorragie, avec 430 puis 412 millions de sorties. L’IBIT de BlackRock a signé à lui seul 403 millions de retraits vendredi, soit 88 % des sorties brutes de la séance.
La conséquence tient en un chiffre. Le solde 2026 des ETF Bitcoin tombe à environ -914 millions de dollars, alors qu’il affichait encore +368 millions lundi matin. Ces fonds gèrent 95,9 milliards de dollars, soit 6,3 % de la capitalisation du bitcoin. Censés apporter la demande patiente des institutionnels, ils achètent pourtant les sommets et vendent les creux comme n’importe quel particulier. Ainsi, leur compteur annuel repasse sous zéro comme fin mai après neuf jours de sorties consécutives.

Troisième signal, Wall Street rouvre avec l’Iran et le krach IA en tête
Jeudi, le Nasdaq 100 a perdu 6,4 % dans sa pire séance depuis mars 2020. Le S&P 500 a lâché 4,4 %. Au total, les sociétés cotées au Nasdaq ont vu s’évaporer 2 500 milliards de dollars de capitalisation. Le rebond de 1,1 % du Nasdaq Composite vendredi n’a rien effacé. Sur la semaine, le S&P 500 abandonne 2,7 % quand le Nasdaq perd 3,4 %. Le KOSPI de Séoul a déclenché vendredi un coupe-circuit de vingt minutes après un plongeon de plus de 8 % à l’ouverture. Il a finalement clôturé à -6 %.

La géopolitique forme le deuxième front. Le Washington Post rapportait samedi 7 novembre que l’armée américaine cherche désormais à perturber les routes terrestres d’approvisionnement de l’Iran. Cette pression s’ajoute au blocus naval en place depuis le printemps. Ajoutez la Fed. Les 165 000 créations d’emplois d’octobre, contre 65 000 attendues, ont porté à 76,8 % la probabilité d’une hausse des taux en décembre selon l’outil FedWatch du CME. Elle était de 66,9 % avant la publication.
Le prochain test est daté. La bougie hebdomadaire du bitcoin se referme à minuit UTC (1 heure du matin lundi à Paris) sur cette moyenne mobile à 50 semaines. Les contrats à terme du CME auront rouvert une heure plus tôt. De l’autre côté de l’Atlantique, la semaine de krach IA a laissé le Nasdaq Composite plus de 10 % sous son record du 6 octobre, en territoire de correction.
Le seuil exact tombe à 75 513 dollars, valeur de la moyenne mobile à 50 semaines sur TradingView ce dimanche. La bougie en cours a ouvert lundi à 78 241 dollars sur Bitstamp. Le bitcoin a donc déjà rendu 3,1 % depuis le début de la semaine, et il lui reste moins de 300 dollars de marge avant de clôturer sous ce support.