Revolut sous surveillance : Londres fait examiner ses lancements de produits
La croissance sous surveillance. La Banque d’Angleterre a demandé un examen indépendant des procédures d’approbation des nouveaux produits de Revolut, selon le Financial Times du 27 octobre. Son autorité prudentielle, la PRA, aurait ordonné cette revue plus tôt dans l’année, autour de l’obtention de la licence bancaire britannique complète en mars. Revolut et la Banque d’Angleterre ont refusé de commenter ces informations.
- La Banque d’Angleterre a surpris Revolut en ordonnant un audit externe sur la validation de ses nouveaux produits.
- Revolut, valorisé à 75 milliards de dollars fin 2025, a vu sa branche de gestion de patrimoine croître de manière extraordinaire grâce au trading d’actifs numériques.
Un examen indépendant des contrôles internes de Revolut
Cette procédure repose sur l’article 166 du Financial Services and Markets Act, qui permet au superviseur de demander l’intervention d’experts extérieurs. Leur mission consiste à examiner certains aspects de l’activité d’un établissement et à remettre un rapport au régulateur. L’entreprise concernée supporte les coûts de l’examen.
La PRA présente cet outil comme un moyen de diagnostiquer les risques, de suivre leur évolution et d’évaluer les dispositifs de contrôle. Une telle revue ne constitue donc pas, à elle seule, une sanction ou la preuve d’une infraction. Elle peut néanmoins conduire le superviseur à demander des corrections, selon les conclusions des experts.
Chez Revolut, l’examen concerne la validation des nouveaux produits. L’enjeu porte ainsi sur les mécanismes qui encadrent leur lancement et l’évaluation préalable des risques.
Cette surveillance accompagne une évolution importante du statut britannique du groupe. Après une demande déposée en 2021, Revolut avait obtenu une autorisation bancaire assortie de restrictions en juillet 2024. Cette première décision ouvrait une phase de mobilisation, destinée à préparer ses opérations bancaires.
Le 11 mars 2026, l’entreprise a annoncé que la PRA avait levé ces restrictions et autorisé le lancement de Revolut Bank UK Ltd. Le transfert des clients vers cette entité doit se faire progressivement. L’obtention de cette autorisation ne met toutefois pas fin à la supervision des activités bancaires.

Une expansion bancaire portée par des résultats en hausse
Revolut développe désormais son offre de crédit britannique. Le groupe a annoncé le 26 octobre des prêts personnels non garantis compris entre 2 000 et 25 000 livres.
Cette diversification s’appuie sur une progression soutenue de ses résultats. Selon son rapport annuel, Revolut a enregistré 4,5 milliards de livres de revenus en 2025 (5,3 milliards d’euros), contre 3,1 milliards en 2024. Son bénéfice avant impôts a atteint 1,7 milliard de livres (environ 2 milliards d’euros), en hausse de 57 %. Les soldes des clients, y compris ceux détenus auprès d’établissements partenaires, ont augmenté de 66 %, à 50,2 milliards de livres.
Parallèlement, Reuters situe sa valorisation privée à 115 milliards de dollars dans une analyse publiée début octobre. Le groupe conserve un modèle diversifié, associant paiements, abonnements, investissements et services financiers. Son portefeuille de prêts atteignait toutefois seulement 2,2 milliards de livres fin 2025 : le crédit représente encore une activité relativement limitée à l’échelle de ses ambitions.
L’expansion bancaire ajoute donc de nouvelles exigences à un modèle construit sur la multiplication des services. Pour Revolut, la solidité des procédures d’approbation devient aussi importante que la rapidité des lancements. La croissance commerciale et la rentabilité ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer la maîtrise des risques.