Frais onchain : les protocoles crypto encaissent 4 milliards de dollars au troisième trimestre
Le compteur tourne, et le marché regarde. Le fonds 1kx a publié son tableau de bord trimestriel des revenus du secteur, où les protocoles apparaissent avec 4,0 milliards de dollars de frais onchain encaissés entre juillet et septembre 2026. La hausse atteint 36% en trois mois.
Les points clés de cet article :
- Les protocoles ont facturé 4,0 milliards de dollars de frais aux utilisateurs au troisième trimestre 2026 (1kx).
- Le total bondit de 36% d’un trimestre à l’autre, sa meilleure performance annuelle depuis fin 2021.
- Près des deux tiers de ces revenus proviennent de la finance décentralisée, DEX et perpétuels en tête.
- Les protocoles actifs qui génèrent des frais atteignent 1 942, un record depuis le début du suivi.
Que paie-t-on exactement dans les frais onchain ?
Sous l’étiquette « frais onchain », tout ce qu’un utilisateur paie pour se servir d’une blockchain ou d’une application décentralisée. Par exemple, le gas d’envoi d’une transaction, la commission prélevée sur un swap ou les frais de trading d’une plateforme de perpétuels.
Ces montants correspondent à des paiements réels, vérifiables bloc après bloc, et non à des revenus spéculatifs ni à de la trésorerie maison. Les revenus de Circle et Tether sur leurs réserves restent hors du comptage.
Le fonds 1kx a compilé ces paiements sur plus de 2 600 protocoles suivis, via les données ouvertes de DefiLlama et des explorateurs de blocs comme Etherscan, avec un snapshot clos le 30 septembre qui couvre un trimestre complet sans extrapolation.
La progression tranche avec le printemps et l’été, les deux trimestres les plus mornes depuis fin 2020. Le rebond replace les encaissements à leur meilleur niveau de l’année 2026, portée par des frais mensuels records en septembre.
Un bémol de taille : le total reste loin du record de fin 2021, quand la spéculation dopait chaque réseau. Difficile pour le moment de savoir lequel des deux régimes sert de base à la valorisation du secteur.
Qui encaisse, qui redistribue ?
Le palmarès des facturiers donne la mesure, avec Uniswap en tête du classement DeFi devant Pump.fun et Polymarket. Ces plateformes prélèvent une commission sur chaque échange, chaque mise ou chaque position ouverte, et leurs encaissements alimentent l’essentiel du rebond trimestriel.
La croissance porte une signature connue du secteur, les applications de finance décentralisée pesant 62% des frais du trimestre loin devant les blockchains elles-mêmes. Un swap sur un échange décentralisé rapporte au protocole, pas au réseau qui l’héberge.

Ce chiffre d’affaires ne profite pas aux mêmes poches, car la valeur redistribuée aux détenteurs de jetons a reculé à 1,5 milliard de dollars en baisse de 6% sur la période. Caisses pleines d’un côté, robinet des porteurs de l’autre.
Le déséquilibre interroge la valorisation. Le tableau de bord rapporte chaque capitalisation à ses frais annualisés (ratio P/F), secteur par secteur. Plus ce multiple est haut, plus le marché exige de croissance future pour justifier le prix du jeton.
Pour comparaison, les revenus cryptos 2026 plaçaient déjà Hyperliquid en tête avec 429 millions sur un trimestre glissant.

Les détenteurs n’ont pas dit leur dernier mot, car ces flux attirent des acheteurs cotés en Bourse. Strive a levé 630 millions de dollars pour renforcer son trésor de bitcoins. Grayscale accepte vos cryptos contre des parts d’ETF depuis le 22 octobre.
Quoi qu’il en soit, ces ponts entre marché actions et protocoles à revenus ont besoin d’un marché haussier pour que les frais continuent de grimper.