Ethereum, Solana et BNB Chain : Les 3 blockchains favorites pour la tokenisation d’après Grayscale
Les infrastructures derrière les nouveaux usages. Alors que les investisseurs s’intéressent à la confidentialité ou aux plateformes de trading génératrices de revenus, Zach Pandl, responsable de la recherche chez Grayscale, défend les grandes blockchains programmables. Dans un entretien accordé en marge de TOKEN2049 à Singapour, publié le 13 octobre, il estime qu’Ethereum, Solana et BNB Chain méritent davantage d’attention à l’approche d’une expansion de la finance tokenisée.
Les points clés de cet article :
- Zach Pandl considère que l’intérêt pour de nouveaux thèmes d’investissement détourne l’attention des grandes plateformes de contrats intelligents.
- Sa thèse repose sur le développement des stablecoins, des dépôts bancaires tokenisés et des titres financiers sur blockchain.
- L’adoption d’un réseau ne garantit pas une hausse de son token : la demande, les frais et les mécanismes économiques restent déterminants.
Ethereum, Solana et BNB Chain au cœur de la thèse de Grayscale
Pour Zach Pandl interrogé par Coinage Media, les investisseurs familiers des cryptomonnaies privilégient actuellement des projets comme Zcash, associé à la confidentialité, ou Hyperliquid, dont l’activité de trading génère des revenus. Cette attention pourrait conduire à négliger les réseaux sur lesquels une partie de la finance numérique doit se construire.
Son raisonnement porte sur trois usages : les stablecoins, les dépôts tokenisés et la tokenisation des actifs financiers. Leur développement nécessite des infrastructures capables d’exécuter des contrats intelligents et de gérer les transferts de tokens. Ethereum, Solana et BNB Chain figurent parmi les plateformes qu’il juge bien positionnées pour accompagner cette évolution.
Cette prise de position constitue une thèse d’investissement, exprimée dans une interview. Elle ne signifie ni que ces trois réseaux accueilleront seuls les futurs actifs tokenisés, ni que Zach Pandl rejette les autres projets cités. Il invite surtout les investisseurs à réexaminer des infrastructures établies, au-delà des thèmes qui dominent momentanément le marché.
Les choix des institutions dépendront notamment des coûts, de la liquidité disponible, de la sécurité et des exigences réglementaires. Plusieurs réseaux peuvent ainsi bénéficier de la tokenisation, sans nécessairement attirer les mêmes utilisateurs ou les mêmes produits.

La croissance des usages ne garantit pas celle du prix des tokens
Pour les détenteurs d’ETH, de SOL ou de BNB, la question centrale reste la manière dont l’activité du réseau crée une demande pour son actif natif. La valeur des titres enregistrés sur une blockchain ne correspond pas aux revenus qu’elle génère.
Un fonds tokenisé peut représenter plusieurs milliards de dollars tout en réalisant relativement peu de transactions. De même, des transferts nombreux mais très peu coûteux peuvent produire des frais limités. Les revenus de gestion du fonds reviennent à ses prestataires, sans être automatiquement redistribués aux détenteurs du token du réseau.
L’analyse doit donc intégrer les frais payés, la rémunération des validateurs, les émissions de tokens et les éventuelles destructions d’offre. Un mécanisme de destruction ne suffit pas, à lui seul, à garantir une appréciation du cours.
La position de Grayscale doit également être replacée dans son activité de gestionnaire de produits d’investissement crypto. Son intérêt commercial pour le secteur accompagne son analyse des perspectives d’adoption.
Le pari de M. Pandl repose ainsi sur deux étapes : davantage d’activité financière sur les blockchains, puis une demande accrue pour les actifs qui les font fonctionner. La première peut progresser sans que la seconde se traduise immédiatement dans les cours.