Home-jacking crypto : un trader braqué au couteau perd 800 000 dollars au Royaume-Uni
Encore. Un trader crypto anglais affirme avoir été ligoté et menacé de mort au couteau dans sa propre maison puis dépouillé de l’équivalent de 800 000 dollars. Connu sur X sous le pseudo « realist », il a raconté la scène à chaud dans la nuit du 12 au 13 octobre.
Ce scénario a un nom en France depuis deux ans : le crypto-rapt. Le Royaume-Uni découvre qu’il n’est pas à l’abri.
- Un trader crypto britannique a été victime d’un home-jacking terrifiant, dépouillé de 800 000 dollars sous la menace de couteaux.
- Ce type d’attaque, appelée « crypto-rapt », se multiplie au Royaume-Uni, avec un précédent similaire déjà enregistré.
Un home-jacking crypto à 800 000 dollars en pleine nuit
Le trader a raconté son agression sur X en deux publications. La première tombe vers 3h10 (heure de Paris), le 13 octobre 2026, sur un ton brutal : « Si vous vivez au Royaume-Uni et que vous faites de la crypto, barrez-vous ». Il y explique avoir été scotché et tenu sous la menace d’un couteau chez lui. Dans la seconde, publiée un quart d’heure plus tard, il précise que ses agresseurs brandissaient trois couteaux sous son nez en promettant de le tuer.
Selon son décompte, le butin atteint 40 000 dollars pris sur ses wallets principaux et 720 000 dollars vidés d’un de ses Ledger. Une Rolex s’ajoute à la note. Le Ledger, justement ? C’est un portefeuille physique qui garde vos clés privées hors ligne. Il met vos fonds à l’abri des pirates qui opèrent à distance, mais aucun boîtier ne résiste à quelqu’un qui vous force à taper votre code PIN. Les braqueurs ont ensuite fracassé son téléphone.
Le trader dit s’en tirer avec quelques bleus. Il assure que la police est sur place et que toute sa maison est devenue une scène de crime. Aucune force de police britannique n’avait communiqué sur l’affaire au moment d’écrire ces lignes. Ni la ville ni l’identité de la victime ne sont connues. Le trader a toutefois publié l’adresse Solana du portefeuille qui aurait reçu une partie des fonds volés. Sur l’explorateur Solscan, elle est désormais rebaptisée « Fake_Phishing4516 » et assortie d’un avertissement qui la relie à un home-jacking. Les voleurs n’ont pas traîné. Vers 3h20 (heure de Paris), une dizaine de minutes après la publication du trader, 346 SOL en sont repartis en deux virements de 20 et 326 SOL, soit environ 37 000 dollars au cours du jour. Le portefeuille ne contient plus que des miettes.

« Si vous vivez au Royaume-Uni et que vous investissez dans les cryptomonnaies, fuyez ! Ma maison vient d’être cambriolée : ils ont tout barricadé, m’ont menacé avec un couteau et m’ont volé 800 000 $. Je suis tellement sous le choc que je ne sais plus quoi faire. Ce pays est une vraie plaie. Non, ce n’est pas une blague, j’aimerais tellement que ce soit le cas. Portefeuille avec les fonds volés. »
Le Royaume-Uni rattrapé par les wrench attacks
Les Anglo-Saxons appellent ça une « wrench attack », l’attaque à la clé à molette. L’expression vient d’un dessin du webcomic xkcd où un voleur renonce à casser un chiffrement sophistiqué et frappe simplement le détenteur avec une clé à molette à 5 dollars jusqu’à obtenir son mot de passe. Le dessin date de février 2009, quand le bitcoin n’avait même pas encore de prix.

Le pays a déjà connu un home-jacking crypto glaçant. Le 13 décembre 2025 vers 17h20, trois hommes d’une vingtaine d’années ont forcé la porte d’un couple à Solihull, dans les West Midlands. Ils ont menacé au couteau la jeune femme enceinte jusqu’à ce que le couple transfère des centaines de milliers de livres en cryptos. Un quatrième complice dictait les instructions en visio. Neuf mois plus tard, Crimestoppers offre jusqu’à 10 000 livres à qui permettra une condamnation. La police des West Midlands n’a toujours pas mis la main sur les auteurs.
Le site Gart.io, qui recense ces agressions, compte 27 attaques au Royaume-Uni depuis le début de l’année. À l’échelle mondiale, le registre tenu par le développeur bitcoin Jameson Lopp dénombrait environ 70 agressions physiques en 2025, contre 41 en 2024. Le précédent record datait de 2021, avec 36 cas.
La France reste la capitale des crypto-rapts
Le conseil du trader anglais a une limite évidente. Fuir l’Angleterre pour la France reviendrait à tomber de Charybde en Scylla. Le ministère de l’Intérieur a recensé 90 affaires liées aux cryptos entre le 1er janvier et la mi-août 2026, selon Cointelegraph. Enlèvements, séquestrations, extorsions et vols violents y figurent pêle-mêle. Cela fait un dossier tous les deux jours et demi.

Le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) faisait déjà état au printemps de 88 mises en examen, dont plus de dix mineurs. Et le mode opératoire du home-jacking crypto voyage d’un pays à l’autre sans changer de costume. Des exécutants souvent très jeunes sont recrutés en ligne, pendant que les commanditaires restent loin de la scène. Le donneur d’ordres en visio de Solihull colle parfaitement au schéma observé en France.
Reste l’aveu le plus cruel du message de « realist ». « On entend toujours parler de ces histoires, mais on ne pense jamais que ça va vous arriver », écrit-il.
Les chiffres du Pnaco publiés en avril recensaient 135 faits de séquestration et d’enlèvement liés aux cryptoactifs en France depuis 2023. Côté britannique, aucune interpellation n’a été annoncée à ce stade dans l’affaire « realist », et la Rolex court toujours.