Fed : la Justice américaine refuse de rouvrir l’enquête pénale contre Jerome Powell
Beaucoup de bruit pour rien, titrait Shakespeare. La formule va comme un gant au feuilleton judiciaire du siège de la Fed, qui vient de perdre son dernier épisode.
Deux jours. Il n’en a pas fallu davantage au ministre de la Justice Todd Blanche pour répondre à Donald Trump. Le président réclamait la démission forcée de Jerome Powell et lui demandait de statuer sur son sort. La réponse est tombée vendredi 2 octobre : la Justice ne rouvrira pas l’enquête pénale visant l’ancien patron de la Fed.
- L’enquête pénale contre l’ancien président de la Fed, Jerome Powell, a été définitivement close, malgré les accusations de mauvaise gestion.
- Jerome Powell reste au Conseil des gouverneurs, tandis que Donald Trump garde espoir d’une réouverture de l’affaire en cas de découverte d’éléments nouveaux.
Enquête Powell : mal gérer un chantier « n’est pas un crime »
Le ministre a rendu son verdict face caméra. Interrogé par Bloomberg le 2 octobre, Todd Blanche a tranché : « Commettre des erreurs et n’exercer aucune supervision sur ceux qui mènent des chantiers à plusieurs milliards n’est pas nécessairement un crime. Nous avons clos cette enquête pénale et nous ne la rouvrons pas. »
Le ministre s’aligne sur le rapport de l’inspecteur général de la Fed, publié quelques jours plus tôt. Le document est sévère sur la gestion : pilotage défaillant, aucune estimation complète des coûts au lancement, pas de prix maximum garanti. En conséquence, le budget est passé de 1,3 à près de 2,4 milliards de dollars. Mais il écarte le pénal. Ses auteurs écrivent d’ailleurs n’avoir trouvé aucun motif raisonnable de croire à une violation du droit fédéral.
Pour mémoire, la Justice avait abandonné l’enquête pénale en avril. Un juge venait en effet d’annuler les assignations, ces injonctions à produire des documents, émises par la procureure Jeanine Pirro.
Jerome Powell reste gouverneur, Trump garde une porte entrouverte
Donald Trump espérait pourtant mieux. Le président américain exigeait une démission forcée et immédiate de Powell, en l’accusant d’incompétence et en agitant la menace de poursuites. Todd Blanche lui laisse un lot de consolation : si un élément relevant du pénal apparaît un jour, ses services enquêteront.
D’ici là, l’intéressé ne bouge pas. Certes, il a quitté la présidence de la banque centrale en mai 2026, mais siège toujours au Conseil des gouverneurs. Son successeur Kevin Warsh a repris le dossier en main : dans une lettre du 29 septembre, il a demandé que l’agence fédérale chargée de l’immobilier public pilote la fin des travaux, et annoncé le recrutement d’un auditeur indépendant.
Le front judiciaire se referme donc, pas le front politique. Depuis que le chantier a valu à la Fed des menaces de poursuites de la Maison-Blanche, le siège de Jerome Powell reste la vraie cible. Or son mandat de gouverneur court jusqu’en janvier 2028.