Ethereum : Vitalik Buterin promet plus qu’une blockchain d’ici 2030
Cap sur 2030. Vitalik Buterin, le cofondateur d’Ethereum, reste extrêmement impliqué dans la direction prise par le protocole. Le cofondateur d’Ethereum décrit un protocole qui exécutera davantage de tâches sans obliger chaque machine du réseau à refaire les mêmes calculs, et qui, par des briques voisines, servira aussi à stocker des fichiers et à transporter des messages chiffrés. Le réseau, dit-il, ne sera plus « seulement une blockchain ».
Points clés
- Vitalik Buterin veut remplacer la réexécution des blocs par des preuves cryptographiques vérifiables en quelques millisecondes
- La Fondation Ethereum a formalisé en 2025 l’objectif de 99 % des blocs prouvés sous dix secondes, sur du matériel à moins de 100 000 dollars
- Fusaka a fait passer la cible de blobs de six à quatorze par bloc et le plafond de gas à 60 millions
- Stockage de fichiers, messagerie chiffrée et confidentialité par défaut restent au programme des quatre prochaines années
Ethereum : la fin du réseau où chaque nœud recalcule tout
Comme à son habitude, Vitalik Buterin a utilisé son blog personnel comme tribune pour dévoiler sa vision pour le réseau Ethereum d’ici à 2030. Et le programme est des plus chargés. Selon lui, Ethereum ne sera plus « seulement une blockchain ».
Aujourd’hui, chaque nœud complet rejoue l’intégralité des transactions d’un bloc pour vérifier qu’il est valide, ce qui fait à la fois la sécurité d’Ethereum, mais introduit son plafond de débit. Une limite déjà bien connue du réseau, et à laquelle les développeurs explorent depuis des années plusieurs solutions. Selon Buterin, la solution réside dans les preuves à divulgation nulle de connaissance, ces objets cryptographiques qu’une machine puissante calcule une seule fois et que n’importe quel ordinateur portable vérifie ensuite en quelques millisecondes.
La Fondation Ethereum a d’ores et déjà des objectifs ciblés, formalisés dans un cadre chiffré en juillet 2025. L’objectif était d’être en mesure de prouver 99 % des blocs du réseau principal en moins de dix secondes, sur du matériel à moins de 100 000 dollars et pour une consommation inférieure à 10 kilowatts. L’écosystème a revendiqué ces performances de latence fin 2025 ; l’effort s’est ensuite déplacé vers la solidité des preuves. Le zkEVM doit ensuite descendre dans la couche de base elle-même, là où la vérification d’une preuve remplacerait la ré-exécution complète des blocs par des dizaines de milliers de machines.
La mise à jour Fusaka, déployée en décembre 2025, a réglé l’autre moitié du problème. Plutôt que de télécharger l’intégralité des blobs publiés par les rollups, les nœuds en échantillonnent des fragments et en déduisent statistiquement que le reste est bien disponible. La cible de blobs par bloc est ainsi passée de six à quatorze entre décembre 2025 et janvier 2026, sans alourdir la charge des machines individuelles. Le plafond de gas du réseau principal a suivi : 36 millions en février 2025, puis 45 millions, et 60 millions autour de Fusaka.

Vitalik Buterin : au-delà de la blockchain, le stockage et la messagerie
Or la partie la plus dépaysante du programme ne concerne pas le débit. L’ambition n’a rien de neuf. Dès 2015, la feuille de route d’Ethereum associait au protocole deux briques baptisées Swarm, pour le stockage de fichiers, et Whisper, pour la messagerie chiffrée. D’un côté, Whisper a été abandonné, de l’autre Swarm n’a jamais décollé.
Les deux fonctions reviennent désormais sur la table sous une nouvelle forme. Le Portal Network distribue l’historique de la chaîne entre des nœuds légers qui n’en conservent chacun qu’une fraction, EthStorage vise l’ancrage de données volumineuses sur Ethereum, et Waku prend la succession de Whisper pour le transport de messages entre applications décentralisées. La confidentialité avance sur la même ligne. À Buenos Aires, en novembre 2025, Vitalik Buterin et la Fondation Ethereum ont présenté un ensemble de composants baptisé Kohaku, destiné à rendre privés les soldes et les transferts directement depuis un wallet.

Vitalik Buterin défend cette orientation depuis son essai sur les « trois transitions », publié en 2023, où il plaçait la vie privée au même rang de priorité que le passage aux rollups. Pour l’utilisateur, la promesse revient à faire tourner une application qui héberge ses fichiers et règle ses paiements sans dépendre d’Amazon Web Services ni d’un serveur de messagerie centralisé.
La prochaine mise à jour a déjà un nom et un contenu. Glamsterdam, attendue en 2026, doit inscrire dans le protocole la séparation entre proposeurs et constructeurs de blocs. La réduction des créneaux de douze à six secondes, un temps envisagée pour ce fork, a été écartée ; Buterin vise plutôt des créneaux de quatre à huit secondes d’ici 2030.