Crypto : Movement Labs dépose le bilan après le naufrage du MOVE
L’hiver meurtrier. Après avoir levé 38 millions de dollars et ambitionné de devenir une infrastructure crypto majeure de l’écosystème Ethereum, Movement Labs se place sous la protection du chapitre 11. MVMT Labs, l’entité historique derrière la blockchain Movement, affiche désormais jusqu’à 10 millions de dollars de dettes pour moins de 500 000 dollars d’actifs.
- L’hiver meurtrier a frappé Movement Labs, qui s’est placé sous la protection du chapitre 11 après avoir accumulé jusqu’à 10 millions de dollars de dettes pour moins de 500 000 dollars d’actifs.
- La chute de Movement Labs a été marquée par des turbulences autour du token MOVE, dont la valeur a chuté de 99 %, et par des sanctions de plateformes de trading comme Binance et Coinbase.
Jusqu’à 10 millions de dollars de dettes pour Movement Labs
La requête volontaire de MVMT Labs a été enregistrée auprès du tribunal des faillites du Delaware sous le numéro 26-11113. L’entreprise a opté pour le sous-chapitre V du chapitre 11, une procédure simplifiée permettant aux petites sociétés de poursuivre leur activité pendant la restructuration de leurs dettes.
Le dossier fait état de 200 à 999 créanciers, bien que les documents détaillés en recensent jusqu’à 299. Rushi Manche, cofondateur évincé du projet crypto, détient la plus importante créance non garantie, supérieure à 1,6 million de dollars. Celle-ci correspondrait principalement au remboursement de frais juridiques liés à une enquête d’un grand jury du département américain de la Justice.
Malgré son départ, Manche possède toujours 34,25 % de MVMT Labs. Le cofondateur Cooper Scanlon en détient 65,75 %. Une réunion des créanciers est programmée le 20 août, tandis que les demandes de remboursement devront être déposées avant le 14 septembre.

Du lancement controversé du projet crypto à la chute de 99 % du MOVE
Cette faillite intervient après plus d’un an de turbulences autour du token MOVE. Peu après son lancement en décembre 2024, un accord controversé de tenue de marché aurait permis à une contrepartie de céder 66 millions de tokens, soit environ 5 % de l’offre totale, dès le lendemain de leur mise sur le marché.
Les contrats impliquaient notamment l’intermédiaire Rentech et le market maker Web3Port. Rentech a toutefois nié toute tromperie ou faute. Binance a ensuite banni le compte de tenue de marché concerné pour mauvaise conduite et gelé une partie de ses gains. Coinbase a, de son côté, suspendu les échanges du MOVE.
Movement Labs a lancé un programme de rachat de tokens et mandaté le cabinet Groom Lake pour enquêter sur l’accord. Rushi Manche a été suspendu, puis écarté en mai 2025, avant d’engager une procédure judiciaire contre l’entreprise.
Le projet a ensuite été repris par des structures distinctes, dont Move Industries. Celle-ci a abandonné la course frontale aux solutions de seconde couche Ethereum pour se concentrer sur les paiements transfrontaliers, les transferts d’argent et le règlement en stablecoins.
MOVE évolue désormais autour de 0,01 dollar, contre un sommet historique de 1,45 dollar en décembre 2024. Sa capitalisation avoisine 45 millions de dollars, tandis que Movement conserve environ 133 millions de dollars de valeur verrouillée. La faillite concerne uniquement MVMT Labs et n’entraîne donc pas automatiquement l’arrêt de la blockchain. Move Industries affirme fonctionner normalement et ne pas faire partie de la procédure. Ses conséquences sur le réseau, ses partenariats et son pivot vers les paiements restent néanmoins incertaines. L’hiver crypto va laisser des traces.