Bitcoin : Arthur Hayes vend ses cryptos et accuse l’IA de drainer la liquidité du marché
« Est-ce que je rêve ? » C’est par cette anaphore que le cofondateur de BitMEX, connu pour ses prédictions tranchées sur Bitcoin, commence son dernier article d’analyse sur les marchés financiers. Via son fonds Maelstrom, Arthur Hayes tire la sonnette d’alarme et annonce avoir soldé une partie de ses positions crypto et il désigne un coupable inattendu derrière la stagnation du marché : l’intelligence artificielle. Explications.
- Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, a exprimé un point de vue préoccupant en vendant des cryptos via son fonds Maelstrom, blâmant l’IA pour la stagnation du marché Bitcoin.
- Il a identifié l’intelligence artificielle comme un concurrent direct de Bitcoin pour la liquidité, et a prédit un impact à court terme avant une potentielle reprise.
Arthur Hayes vend ses cryptos et passe en mode ours
Dans sa dernière publication, intitulée « Reality Test », Arthur Hayes expose sa lecture du moment concernant les marchés financiers. Et sa thèse tient en une phrase : l’IA a aspiré l’essentiel des dollars fraîchement créés. C’est, selon lui, ce qui explique pourquoi le bitcoin peine à rebondir alors même que la liquidité globale s’élargit.
Le raisonnement se prolonge sur plusieurs fronts. La remontée des prix du pétrole, la pression sur l’offre liée aux introductions en bourse attendues des géants de l’IA (il cite explicitement SpaceX, Anthropic et OpenAI) et les incertitudes politiques américaines pourraient, ensemble, faire éclater la bulle. Le scénario dessiné est en deux temps : crypto entraînée vers le bas à court terme, puis rebond de bitcoin une fois la liquidité libérée.
Côté exécution, Maelstrom a vendu la semaine dernière ses positions sur HYPE, NEAR, WLD et ZEC, tout en conservant BTC et ETH. Arthur Hayes évoque par ailleurs l’usage de produits dérivés pour ouvrir des shorts tactiques, signe que la prudence n’exclut pas l’opportunisme.

L’IA, le nouveau concurrent de Bitcoin ?
Mais le point central de l’argumentaire est là : pour lui, l’IA n’est plus seulement une thématique boursière voisine, c’est désormais un concurrent direct de Bitcoin sur le terrain de la liquidité. Les actions des entreprises du secteur captent une part disproportionnée des flux, au détriment de l’actif numérique. Tant que la bulle reste gonflée, la mécanique se poursuit.
Les déclencheurs d’un retournement, eux, sont identifiés. D’abord, un pétrole plus cher qui pèserait sur l’économie mondiale et refroidirait l’appétit pour les actions. Ensuite, les IPO massives qui aspireraient l’offre disponible et provoqueraient un appel d’air sur les valorisations. Enfin, le brouillard politique américain, suffisamment épais pour faire vaciller la confiance des investisseurs.
Malgré ce diagnostic prudent à court terme, il reste constructif sur l’horizon long. Une fois la bulle de l’IA dégonflée, la liquidité finira selon lui par refluer vers la crypto, et Bitcoin pourra reprendre sa marche haussière. En attendant ce moment de bascule, il réduit son exposition aux altcoins et garde ses deux valeurs refuges du moment : BTC et ETH.
Ses conclusions coïncident d’ailleurs avec celles d’autres acteurs du marché qui restent, eux aussi, optimistes à moyen-long terme. Bitcoin et les cryptos traversent une mauvaise passe, mais le bout du tunnel n’est peut-être pas si loin.