Pump.fun vend encore 132 935 SOL : la facture cumulée franchit les 834 millions de dollars
« L’avidité, faute d’un meilleur mot, c’est bien. » (Gordon Gekko, Wall Street, 1987) La formule colle à Pump.fun comme un post-it sur un distributeur de billets. Le portefeuille de frais de la fabrique à memecoins star de Solana a viré 132 935 SOL vers Kraken fin août, environ 13,8 millions de dollars au cours du jour. Encore un mouvement dans une série sans pause. Les ventes cumulées de la plateforme grimpent à 5,11 millions de SOL, 834 millions de dollars au total. La routine continue, et le marché encaisse.
- Pump.fun a récemment transféré 132 935 SOL vers Kraken, une somme équivalente à environ 13,8 millions de dollars, poursuivant ainsi son enchaînement de mouvements financiers incessants.
- La plateforme Pump.fun sur Solana continue de vendre ses jetons SOL, contribuant à la pression sur le cours, tout en restant le principal contributeur de frais au réseau.
Pump.fun et Kraken, le même manège sur Solana
L’information provient de l’analyste on-chain EmberCN, qui traque depuis des mois le portefeuille de frais de Pump.fun à la loupe. Le virement du 31 août porte sur 132 935 SOL, au prix du jour d’environ 103,7 dollars l’unité. Rien de nouveau dans la mécanique. La plateforme encaisse ses commissions sur chaque lancement de token et chaque passage sur la bonding curve (la courbe de prix qui fixe automatiquement le tarif d’un memecoin avant sa cotation), les convertit en SOL, puis les envoie vers Kraken par paquets, toutes les une à deux semaines depuis des mois.
Un dépôt sur un exchange n’est pas automatiquement une vente, l’argent peut dormir sur un compte de trading sans bouger. Sauf qu’avec Pump.fun, l’historique parle de lui-même. Chaque paquet de SOL finit presque toujours converti en dollars ou en stablecoins dans les jours qui suivent.

Solana sous la pression discrète du cash-out de Pump.fun
Le paradoxe n’est pas nouveau, mais les chiffres s’aggravent. Fin juillet, un précédent bilan chiffrait le total cédé par Pump.fun à 4 656 826 SOL, soit 794,8 millions de dollars à un prix moyen de 170,70 dollars le jeton. Un mois plus tard, le compteur affiche 5,11 millions de SOL et 834 millions de dollars. Le SOL, lui, vaut aujourd’hui 104 dollars. Plus de 39 % de moins qu’à l’époque. Pump.fun vend donc davantage de jetons pour engranger, au fond, moins d’argent qu’avant.
Solana tire pourtant l’essentiel de la dynamique de ses revenus applicatifs de Pump.fun, ironie du sort. La plateforme reste, et de loin, le plus gros contributeur de frais du réseau.
Kraken, la même adresse depuis deux ans chez Pump.fun
Sur Ethereum, aucune application ne pèse à ce point sur le cours du jeton natif du réseau. Les frais se répartissent entre des centaines de protocoles, sans qu’aucun ne soit assez gros pour, à lui seul, faire bouger le cours de l’ETH à chaque virement de trésorerie. Sur Solana, Pump.fun a ce pouvoir. Et il l’exerce depuis deux ans sans relâche.
L’argument de la fondation Solana tient sur le papier : plus d’activité, plus de frais, plus de raisons pour les validateurs de tourner. Mais tant que les commissions collectées repartent aussi vite vers Kraken, l’argument se heurte à un mur, celui du cours.
Le scénario n’est pas propre à Pump.fun, mais la machine à memecoins de Solana reste le cas le plus flagrant du système. 132 935 SOL de plus depuis fin août, direction Kraken, comme toujours. Après ce virement, le compteur tournera de nouveau avant la mi-septembre, au rythme qu’il tient depuis deux ans.