ICO

Étude : “Perspective stratégique des ICOs en 2018” par PwC

En partenariat avec la fameuse Crypto Valley de la ville de Zoug, une des quatre célèbres Big Four, PriceWaterhouseCoopers (PwC), a récemment publié une nouvelle étude sur les ICOs. Cette dernière indique que la réglementation s’améliore et que les fonds levés ne cessent de croître de manière exponentielle.

PriceWaterhouseCoopers : une perspective stratégique

PwC n’en est pas à sa première implication dans les cryptomonnnaies avec son investissement dans Vechain, et encore moins en Confédération Helvétique. En effet en Suisse Alémanique, leurs bureaux se situent exactement là où la crypto-sphère bat son plein ; que ce soit à Oerlikon dans le quartier de Zurich, ou même sur la fameuse Gotthardstrasse de Zoug, à mi-chemin entre l’Institut des Services Financiers (Institut für Finanzdienstleistungen Zug – IFZ) et la Crypto Valley, implantés à deux pas de là.

Bien que cette entreprise ne soit pas la seule à accepter le paiement de ses clients en Bitcoins depuis novembre 2017, PwC a mis l’accent sur les services de conseils délivrés aux entreprises quand celles-ci désirent faire une ICO. D’un autre côté, son partenaire la Crypto Valley est une zone économique soutenue par le gouvernement du canton de Zoug. Cette zone est devenue mondialement connue comme la Silicon Valley des cryptos.

Après un rapport publié en décembre dernier, la nouvelle étude porte toujours le même nom: “une perspective stratégique”. Cet ultime rapport, couvrant la période jusqu’à mai 2018, indique cependant que les chiffres-clefs avancés peuvent ne pas refléter les valeurs et données exactes, étant donné que le prix des cryptos est soumis à une forte volatilité.

Levées de fonds faramineuses

ICO-development

Depuis le début des données remontant à 2013, l’étude avance que près de 21 milliards de dollars américains ont été captés, pour un total de 11 568 projets d’ICOs. Près de 50% de ce montant (US$ 13,7 milliards) a été levé au cours des cinq premiers mois de l’année 2018 par seulement 537 projets. Si nous mettons ces chiffres en perspective avec les quelques US$ 7 milliards levés en 2017 par à peine un peu plus de projets (552), il semblerait bien que nous soyons dans un marché en très forte croissance.

« Show must go on: durant les 5 premiers mois de 2018, plus de fonds ont été levés via les ICOs que toutes les années précédentes » PwC

Les fameuses “licornes”, c’est à dire les ICOs ayant atteint la barre du milliard de dollars sont actuellement au nombre de deux et connues de tous : Telegram et EOS. La première licorne a réussi à lever près de US $ 2 milliards (1,7) et la deuxième le double et demi ! (4,1). Quand nous comparons ces chiffres au total global de 2018, ces deux licornes représentent à elles seules 42% du volume total.

Nombre-volume-ico-mois

Réglementation

Concernant la réglementation, le rapport indique qu’actuellement cette dernière est appliquée de manière incohérente dans le monde entier. Selon la juridiction, les principales lignes directrices s’adaptent sur trois modèles bien distincts les uns des autres et sont ceux :

  • des États-Unis (axés sur les titres financiers) ;
  • de l’Europe (équilibré) ;
  • de l’Asie (binaire).

L’étude dresse la liste des hubs cryptos pour les États-Unis, la Suisse et Singapour. Il est avancé que tous, dans l’ensemble, adoptent des attitudes positives ; néanmoins, si la Confédération Helvétique et Singapour traitent les coins comme des actifs financiers, les États-Unis quant à eux ont décidé de les catégoriser comme des titres financiers (securities) ; en d’autres termes la deuxième catégorie sous entend qu’un certain flux futur de trésorerie sera généré avec bien entendu un risque sous-jacent.

Cela ne s’applique cependant pas toujours à la totalité des coins, comme expliqué précédemment pour Ethereum et plus récemment pour XRP. Quand ces trois juridictions sont mises en perspective, le manque de clarté concernant la réglementation américaine rend celle-ci moins attrayante que les deux autres.

Classements

La réglementation se développant de plus en plus, celle-ci chamboule la répartition géographique du marché des ICOs. En 2017, les trois premiers pays étaient :

  1. États-Unis (87 projets, 1,7 milliard de dollars)
  2. Suisse (33 projets, 1,4 milliard de dollars)
  3. Singapour (35 projets, 641 millions de dollars).

A ce jour, le classement est complètement revu et laisse apparaître de nombreux nouveaux acteurs et hubs :

  1. Îles Caïmans (10 projets, 4,2 milliards de dollars)
  2. Îles Vierges britanniques (16 projets, 2 227 milliards de dollars)
  3. Singapour (53 projets, 1,1 milliard de dollars).

Comparatif-des-juridictions-PWC

ICO Hubs

ICOs-Hubs-PwC

Petits pays à forte concentration

Bien entendu, le rapport PwC n’a pas omis de préciser les petites juridictions qui ne cessent d’attirer l’attention des compagnies internationales. Il a ainsi souligné que Gibraltar, l’île de Malte, et le Liechtenstein, essayent continuellement d’attirer les sociétés cryptos comme le démontre bien la carte suivante.

Petits-pays-forte-concentration-Carte-Europe

Conclusion

Après de nombreux mois tumultueux au cours de ces dernières années, la réglementation mais aussi les ICOs elles-mêmes semblent arriver à un stade de maturation pour cette année 2018.

Les premières levées de fonds semblent désormais plus structurées, et les compagnies stipulent explicitement le montant du hardcap à atteindre. La diversification du financement peut désormais se faire via certains VCs – Capital Risque – et la promotion des ICOs se fait de manière plus homogène et organique pour ne pas affecter négativement la crédibilité du projet.

Du point de vue des investisseurs, la communication entre les entreprises et ces derniers est plus transparente et a lieu non seulement durant la période d’ICO mais aussi après.
L’analyse du couple risque/profit est mise en avant lors de la période de blocage des tokens et les compagnies ont de plus en plus tendance à protéger les investisseurs des fameuses “whales”.

Enfin, la réglementation concernant les ICOs s’est grandement développée. Les compagnies évaluent désormais minutieusement l’emplacement le plus bénéfique et prospère, et sélectionnent la juridiction dans laquelle la société devra-t-être établie, pour émettre les tokens de façon harmonieuse.

Sources : FinanceMagnates ; PwC || Image from Shutterstock

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Jean-Armand
Jean-Armand est basé en Suisse depuis maintenant 5 ans. Son intérêt marqué pour les fintechs a émergé durant son parcours professionnel et universitaire acquis sur quatre des cinq continents.

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