Kraken veut devenir une banque (mais pas forcément aux États-Unis)
Plus qu’un exchange. La maison mère de Kraken étudie l’obtention d’une licence bancaire complète hors des États-Unis afin de réunir trading, paiements, crédit, conservation et gestion d’actifs au sein d’un même groupe. « Nous envisageons de devenir une banque à part entière dans certaines de nos autres zones géographiques », a déclaré Dave Ripley, codirecteur général de Payward et Kraken, lors du Wyoming Blockchain Symposium. Interrogé par la presse spécialisée américaine, il n’a toutefois précisé ni les pays visés ni le type de licence recherché.
Points clés
- Payward, maison mère de Kraken, étudie l’obtention d’une licence bancaire complète hors des États-Unis, selon The Block
- Le périmètre visé couvre le trading, les paiements, le crédit, la conservation et la gestion d’actifs à l’international
- Aux États-Unis, la charte SPDI obtenue dans le Wyoming en 2020 n’a jamais donné accès à un compte maître de la Fed
- Un agrément bancaire permettrait à Kraken de garder les dépôts clients sur son bilan et de développer le crédit adossé aux cryptos
Kraken veut réunir trading, banque et gestion d’actifs
Payward concentre désormais son développement autour de trois métiers : le trading, les services bancaires et la gestion d’actifs. Selon Dave Ripley cité par The Block, le groupe propose déjà plusieurs briques associées à une banque, notamment les transferts d’argent, la conservation, les produits de rendement et certaines formes de financement.
Une véritable licence bancaire lui permettrait néanmoins d’étendre ces services à davantage de clients et de les intégrer plus étroitement. Mark Greenberg, directeur commercial de Payward, est allé jusqu’à évoquer la possibilité de proposer un jour des crédits immobiliers. Cette idée reste toutefois une ambition de long terme : aucun produit de ce type ni aucun calendrier de lancement n’ont été annoncés.
L’enjeu consiste surtout à réduire la fragmentation entre les différents services financiers. Un client pourrait théoriquement conserver ses actifs, effectuer des paiements, investir et emprunter depuis une même infrastructure. Mais les activités autorisées dépendront entièrement de la licence obtenue et des règles applicables dans chaque pays.

Kraken possède déjà une banque, mais aux pouvoirs limités
Aux États-Unis, Payward contrôle déjà Kraken Financial, une Special Purpose Depository Institution agréée par le Wyoming en 2020 et lancée commercialement en mars 2024. Cette filiale propose notamment des comptes en monnaie fiduciaire et une conservation réglementée d’actifs numériques à certains clients institutionnels et privés.
Son fonctionnement diffère cependant de celui d’une banque traditionnelle. Les dépôts ne sont pas assurés par la FDIC et doivent rester couverts à au moins 100 % par des liquidités ou des actifs très liquides. Kraken Financial ne peut donc pas utiliser les dépôts de ses clients pour accorder des prêts comme le ferait une banque commerciale classique.
La filiale a néanmoins obtenu en mars 2026 un compte maître auprès de la Réserve fédérale. Cet accès, présenté comme limité, lui permet de se connecter directement à certaines infrastructures de paiement de la Fed, notamment Fedwire, et de réduire sa dépendance aux banques correspondantes.
Payward a également déposé une demande de charte nationale de société fiduciaire auprès de l’OCC. Celle-ci concernerait principalement la conservation d’actifs numériques et ne remplacerait pas une licence bancaire complète.
Le projet international reste donc exploratoire, mais sa direction est claire : Payward cherche à transformer Kraken en groupe financier intégré. La prochaine étape décisive sera l’annonce d’une juridiction et le dépôt effectif d’une demande de licence bancaire. La frontière entre banque et plateforme devient de plus en plus ténue.