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Dette publique : la France atteint 119 % du PIB et efface le record du Covid

« Mieux vaut aller au lit sans souper que se lever avec des dettes. » Franklin préférait sauter le souper plutôt que de laisser une ardoise. L’État français a fait le choix inverse. L’Insee a chiffré mardi 29 septembre sa dette publique à 3 595,5 milliards d’euros fin juin 2026. Elle atteint 119,0 % du produit intérieur brut (PIB), un nouveau record.

Et l’ardoise s’allonge vite : 59,6 milliards d’euros de plus en trois mois. Nous relevions en juillet une dette à 117,5 % du PIB et des taux longs au plus haut depuis 2008. Le ratio a pris 1,5 point depuis et efface le pic atteint pendant le Covid.

Les points clés de cet article :
  • L’État français a atteint un nouveau record de dette publique avec un montant de 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB, dépassant le pic atteint pendant le Covid.
  • La dette française a progressé de 59,6 milliards d’euros en trois mois, avec une accélération inquiétante du rythme de l’endettement.

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Dette publique à 119 % du PIB, le record du Covid tombe

Remontez à mars 2021. L’État finance à bout de bras le chômage partiel et les prêts garantis, et la dette culmine alors à 117,8 % du PIB. Tout le monde jure que c’est exceptionnel. Cinq ans plus tard, le ratio grimpe à 119,0 % sans pandémie ni confinement. C’est le plus haut de la série trimestrielle de l’Insee, lancée en 1995, et du jamais-vu depuis 1946 d’après les reconstructions historiques.

Le rythme donne le vertige. Le ratio gagne 3,8 points sur un an (115,2 % fin juin 2025). Les 59,6 milliards supplémentaires représentent environ 655 millions d’euros par jour de dette nouvelle sur les 91 jours du trimestre, week-ends compris.

L’État creuse la dette publique et vide ses tiroirs

Qui tient la pelle ? L’État, presque seul. Sa dette progresse de 53,0 milliards d’euros sur le trimestre, selon la publication de l’Insee du 29 septembre.

Les titres à long terme, ces obligations que le Trésor émet sur plusieurs années, augmentent de 36,9 milliards contre 58,4 milliards au premier trimestre. Les titres à court terme gonflent de 16,5 milliards, plus du double des 7,9 milliards de l’hiver. Emprunter court oblige à refinancer plus souvent. C’est en général moins cher sur le papier, mais chaque remontée des taux se répercute beaucoup plus vite sur la facture.

Autre signal, moins visible. L’État a puisé 10,8 milliards d’euros dans sa trésorerie pour faire face. La dette nette (la dette brute moins l’argent en caisse et certains placements des administrations) grimpe donc plus vite que la dette brute, avec 68,2 milliards de plus, à 111,4 % du PIB.

Sécu dans le rouge et collectivités au régime

Côté Sécurité sociale, la dette augmente de 8,4 milliards d’euros. L’Urssaf y contribue pour 4,8 milliards et la Cades, la caisse chargée d’éponger la dette sociale, pour 4,0 milliards. Les collectivités locales jouent les bons élèves avec une dette en recul de 1,7 milliard, régions, départements et communes confondus.

Ce régime a pourtant ses limites. Le département de l’Essonne a suspendu ses versements du RSA à la CAF, a révélé Le Parisien le 28 septembre. Il découvre un trou de 54 millions d’euros dans son budget 2026. Les dépenses de RSA devraient atteindre 228,5 millions d’euros au lieu des 207,4 millions prévus. Et les droits de mutation (les taxes prélevées sur les ventes immobilières) plafonneraient à 207 millions contre 240 millions espérés. « Cela n’a pas d’impact pour les allocataires », assure Nicolas Samsoen, vice-président chargé des finances. La CAF continue de verser l’allocation pendant que le département négocie avec elle une porte de sortie.

Le vrai sujet se niche ailleurs. Près de 90 % de la dette publique, soit 3 229 milliards d’euros, prend la forme de titres négociés sur les marchés. Ce sont donc les investisseurs qui fixent le prix de chaque nouvel euro emprunté. Une dette plus lourde se refinance aujourd’hui à des taux sans commune mesure avec ceux de l’époque de l’argent quasi gratuit, et chaque point de ratio supplémentaire alourdit une facture d’intérêts que les contribuables paieront bien après 2026. Le contre-pied existe pourtant : la France honore toutes ses échéances et ses émissions continuent de trouver preneur.

La facture est déjà chiffrée. L’État devrait consacrer 59,3 milliards d’euros aux intérêts de sa dette en 2026, soit 4,4 milliards de plus qu’en 2025. L’Insee publiera le chiffre du troisième trimestre le 18 décembre, et les prix à la consommation de septembre tombent ce mercredi 30 septembre à 8h45.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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