Ethereum : 34 % de l’offre verrouillée, le prix va-t-il suivre ?
Un tiers de l’offre sous clé. Le taux de staking d’Ethereum vient d’atteindre 33,9 % selon les données de Token Terminal, un sommet jamais vu depuis The Merge. Concrètement, près de 41 millions d’ETH, soit plus de 70 milliards de dollars au cours actuel, sécurisent aujourd’hui le réseau au lieu de dormir sur les carnets d’ordres des plateformes d’échange. Et la cadence des dépôts ne faiblit pas, malgré un prix de l’ether qui peine à retrouver ses niveaux du printemps.
Points clés
- 33,9 % de l’offre d’ETH est désormais en staking, un record absolu selon Token Terminal
- Près de 41 millions d’ethers verrouillés, soit plus de 70 milliards de dollars retirés du marché liquide
- Les ETF avec staking de BlackRock et Grayscale accélèrent la dynamique depuis la clarification SEC/CFTC de mars
- Le rendement se comprime autour de 3 % tandis que l’ether se stabilise entre 1 700 et 1 800 dollars
Un point de pourcentage par mois : La course au staking s’accélère
La progression tient du rouleau compresseur. Le seuil des 30 % n’a été franchi qu’en avril, quand Ethereum battait déjà un record avec 32 % de son offre mise en jeu. Depuis : 32,4 % début juin, 33 % passés début juillet, et désormais 33,9 %. Presque quatre points de pourcentage engrangés en un trimestre, du jamais vu depuis l’ouverture des retraits en 2023.
L’effet mécanique se lit ailleurs : les réserves d’ETH sur les exchanges sont tombées à leurs plus bas niveaux depuis 2016. Chaque ether qui rejoint la Beacon Chain quitte le marché liquide. Fait notable, cette ruée se poursuit alors même que le rendement se comprime : plus les validateurs sont nombreux, plus les récompenses se diluent, autour de 3 % annuels aujourd’hui.
Les déposants acceptent donc un rendement en baisse pour verrouiller leurs jetons. Un signal de conviction long terme difficile à ignorer. Derrière ce record, un déclencheur réglementaire. Mi-mars, la SEC et la CFTC, les deux gendarmes financiers américains, ont publié une interprétation commune classant les récompenses de staking hors du champ des titres financiers.
Verrou juridique levé, les géants de la gestion d’actifs se sont engouffrés dans la brèche : BlackRock a lancé ETHB, son ETF Ethereum avec staking intégré, tandis que Grayscale déclare plus de 861 000 ETH en portefeuille et 8,375 millions de dollars de récompenses de staking engrangées sur le seul premier trimestre.

ETF à rendement et trésoreries : Les nouveaux aspirateurs à Ethereum
Les trésoreries d’entreprises jouent la même partition. BitMine, qui a dépassé les 10 milliards de dollars d’ETH accumulés, vient encore d’ajouter 136 millions de dollars d’ethers à son bilan, financés par une levée de 274 millions de dollars en actions préférentielles. Des ETH achetés pour être stakés, pas pour être revendus.
Le grand écart interpelle : pendant que le staking enchaîne les records, l’ether évolue dans un couloir de 1 700 à 1 800 dollars après avoir perdu la zone des 2 000 dollars. La semaine s’ouvre toutefois sur une note positive, avec un retour au-dessus des 1 820 dollars porté par 105 millions de dollars d’entrées nettes sur les ETF spot en une journée.
Pour les partisans de la thèse du choc d’offre, l’équation est simple : une offre liquide qui rétrécit face à une demande institutionnelle qui s’installe finit par peser sur les prix, à la hausse.
Deux points de vigilance subsistent néanmoins. La concentration d’abord : le liquid staking capte environ 35 % des ETH stakés, Lido en tête, et la répartition du pouvoir des validateurs mérite d’être surveillée d’aussi près que le volume staké. Le calendrier ensuite : la mise à jour Glamsterdam, décalée au troisième trimestre, promet l’exécution parallèle des transactions via l’EIP-7928 et un plancher de limite de gas relevé à 200 millions. De quoi augmenter la capacité du réseau au moment précis où son actif natif n’a jamais été aussi rare sur le marché.