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Ce pro crypto quitte la Maison-Blanche : le Clarity Act perd son dernier pilote

Chaise vide à Washington. Patrick Witt a quitté mercredi 14 octobre la direction exécutive du conseil présidentiel pour les actifs numériques. Son détachement à la Maison-Blanche est en effet arrivé à terme. Aucun successeur n’a été nommé. Il était pourtant le dernier visage en poste de l’équipe crypto de Donald Trump. Le Clarity Act a échoué au Sénat un mois plus tôt.

Après David Sacks en mars et son adjoint Harry Jung en juillet, Witt est le troisième départ en sept mois. La loi censée encadrer l’ensemble du marché crypto américain n’a donc plus personne pour la porter côté exécutif.

Points clés

  • Le détachement de Witt, employé du ministère de la Défense, a expiré sans être renouvelé.
  • Le Clarity Act a échoué au Sénat le 15 septembre par 49 voix contre 50, loin des 60 requises.
  • La Maison-Blanche n’a annoncé ni remplaçant ni calendrier pour relancer le texte.

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Patrick Witt : un détachement du Pentagone qui s’arrête net

Selon The Block, un porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé mercredi la fin du détachement de Witt. Il n’a pas précisé qui reprend le dossier. Le profil de l’intéressé explique la mécanique. Witt est en effet un employé du ministère de la Défense, affecté temporairement à la présidence. Sa mission était donc bornée dans le temps. Il devait d’ailleurs partir dès juillet pour une formation obligatoire de la Garde nationale. Ce départ avait été reporté pour lui permettre de suivre le vote du Clarity Act.

Il avait pris la suite de Bo Hines en août 2025 à la tête du conseil des conseillers pour les actifs numériques. Cet organe, créé par décret, coordonne la politique crypto de l’administration. Son mandat se résume à une bataille, celle du Clarity Act. Il en a défendu chaque compromis, y compris la concession « historique » de Trump sur les règles d’éthique mi-septembre. Au lendemain de l’échec, il parlait de « déception majeure ». Il craignait surtout que les normes du secteur soient désormais dictées depuis Bruxelles ou Pékin.

La liste des départs s’allonge. David Sacks a quitté son poste de « tsar » le 27 mars. Il avait atteint la limite des 130 jours fixée pour un employé spécial du gouvernement. Harry Jung, son adjoint, a ensuite suivi en juillet. Le conseil n’a donc plus de titulaire à aucun de ces postes.

Clarity Act : bloqué à 49 voix, et personne pour renégocier

Le texte a passé la Chambre des représentants il y a plus d’un an, par 294 voix contre 134. Il avait alors rallié 78 voix démocrates. Au Sénat, en revanche, le vote de procédure du 15 septembre s’est soldé par 49 voix contre 50. Il en fallait 60. Le républicain Thom Tillis a voté pour, puis changé son vote pour déposer une motion de reconsidération. Cette manœuvre garde la porte entrouverte, mais sans fixer de date.

Deux dossiers bloquent toujours. Le premier oppose banques et acteurs crypto sur la rémunération des stablecoins. Les premières refusent que les seconds versent un rendement à leurs clients. Le second est éthique. Les démocrates, Elizabeth Warren et Catherine Cortez Masto en tête, exigent des garde-fous avant tout vote. Ils visent notamment les activités crypto de la famille Trump, de World Liberty Financial au memecoin présidentiel. Le compromis de mi-septembre n’a pas suffi.

Le calendrier joue aussi contre le texte. Même adopté au Sénat, il devrait repasser par la Chambre. Personne n’imagine cela avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Kristin Smith, du Solana Policy Institute, l’anticipait dès septembre. Selon elle, la SEC et la CFTC devront combler le vide par la régulation. Paul Atkins, à la SEC, a d’ailleurs déjà commencé.

Qui porte encore le dossier crypto à Washington ?

Sans directeur exécutif, le conseil présidentiel n’a plus de voix. Les discussions avec le Sénat passaient en effet par Witt. Il avait négocié les concessions sur l’éthique directement avec les bureaux démocrates. Le relais revient donc à Tim Scott, président de la commission bancaire du Sénat. Il revient aussi à Cynthia Lummis, architecte du texte, qui accuse les démocrates de « jouer des jeux politiques ».

Le secteur s’organise ailleurs. La SEC d’Atkins avance par exemptions et lignes directrices. L’industrie, de son côté, mise sur les élections de mi-mandat pour obtenir un Congrès plus favorable. La Maison-Blanche accusait fin septembre les démocrates d’avoir enterré le texte. Depuis mercredi, elle n’a pourtant plus de responsable crypto pour le déterrer avant le 3 novembre.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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