Les négociations en Iran, « le fantasme » de Donald Trump ? Téhéran rejette encore les déclarations du président US – Bitcoin incertain à 66 000 $
Démenti cinglant depuis Téhéran. Alors que Donald Trump claironnait dans le New York Post des avancées mirobolantes, l’Iran vient de nouveau de rejeter en bloc les dernières affirmations de Donald Trump relayées par le New York Post, les qualifiant de « fantasmes de Trump » et de propos « totalement déconnectés de la réalité », rapporte l’agence Tasnim. De quoi doucher tout espoir d’apaisement dans un bras de fer qui pèse, semaine après semaine, sur les marchés.
- L’Iran a fermement rejeté les récents propos de Donald Trump concernant un accord nucléaire, qualifiant ces affirmations de « fantasmes » et de « déconnectées de la réalité ».
- Ce démenti iranien a ravivé l’incertitude sur les marchés, secouant notamment le Bitcoin qui a oscillé en réponse aux tensions géopolitiques persistantes.
Téhéran dément point par point
Depuis des semaines, l’administration Trump multiplie les annonces optimistes sur un possible dénouement avec Téhéran. Réouverture du détroit d’Ormuz sans péage, démantèlement partiel du programme nucléaire, uranium transféré ou dilué… Autant d’éléments présentés comme quasiment actés.
La République islamique conteste chacune des assertions américaines. Selon Tasnim, l’Iran nie encore une fois avoir échangé avec les États-Unis ces derniers jours. Il dément que Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême, soit impliqué dans de quelconques négociations. Il rejette avoir accepté de renoncer à l’arme nucléaire. Et il conteste qu’un cadre d’accord soit en cours de validation côté iranien.
En clair, Téhéran efface l’intégralité du tableau dressé par Washington ces derniers jours. Le message est sans ambiguïté : aucune réponse n’a été transmise aux Américains concernant le projet de mémorandum d’entente ces derniers jours.

Guerre en Iran : Le Liban comme verrou
L’Iran va plus loin. Selon la même source, Téhéran a mis fin à tout échange de textes et de communications avec Washington, et ce jusqu’à ce que ses conditions concernant le Liban soient satisfaites. Un préalable posé comme une ligne rouge, qui referme la porte diplomatique entrouverte par les déclarations américaines.
La rupture confirme la trajectoire que nous suivions dès le 1er juin, quand Téhéran avait acté la fin des négociations avec les États-Unis et menacé de bloquer le détroit d’Hormuz. Entre les déclarations contradictoires des deux camps et la « décision finale » que Donald Trump préparait fin mai, le feuilleton n’a cessé d’alterner les signaux d’escalade et les promesses d’accord.
Bitcoin, Ethereum, Solana : le prix de l’incertitude géopolitique
Pour les investisseurs, ce nouveau démenti relance l’incertitude. Chaque annonce d’apaisement venue de Washington a été suivie d’un retour de bâton iranien, et le Bitcoin a déjà payé l’addition en glissant sous les 70 000 dollars au moment de la rupture des négociations. Difficile, dans ces conditions, de distinguer le signal du bruit quand les deux capitales racontent des histoires diamétralement opposées.
Au moment où ces lignes sont écrites, le Bitcoin oscille autour de 66 300 $, en baisse d’environ 3-5 % sur 24 heures. L’Ethereum peine sous les 1 870-1 880 $, tandis que Solana tourne autour de 74-75 $. Les données récentes montrent que les tensions Iran-États-Unis ont déjà provoqué des liquidations massives et une corrélation accrue avec le pétrole. Quand l’espoir d’un accord monte, le BTC respire. Quand il s’effondre, comme aujourd’hui, le marché digère le risque d’un enlisement prolongé.
Faut-il enterrer tout espoir d’accord ? Pas nécessairement. L’histoire montre que les deux parties finissent souvent par trouver une porte de sortie, même après des échanges virulents. Oman et d’autres médiateurs restent actifs en coulisses. Un cessez-le-feu élargi pourrait relancer les discussions.
Mais pour l’instant, le marché vote avec ses pieds : prudence. Le Bitcoin reste au-dessus des 65 000 $ pour le moment, preuve d’une certaine résilience, mais il suffirait d’une nouvelle escalade verbale ou d’un incident dans le Golfe pour relancer la machine à liquidations.
Reste à savoir laquelle des deux versions colle à la réalité du terrain. Téhéran parle de « fantasmes », Washington évoque un cadre d’accord en bonne voie. Entre les deux, le marché retient son souffle.