Millionnaires crypto français torturés à Londres : 6 condamnations, un cerveau toujours en fuite
La bourse ou la vie. Deux Français dans la vingtaine, décrits au tribunal comme millionnaires en cryptomonnaies, étaient partis à Londres en juillet 2025. Cinquante-deux heures plus tard, ils ressortaient d’un appartement de Canning Town dépouillés, brûlés et terrorisés. Un jury londonien vient de reconnaître coupables six hommes, un verdict qui tombe alors que la France reste le théâtre principal des crypto-rapts qui frappent le secteur depuis deux ans.
- Deux jeunes Français ont vécu un calvaire de 52 heures à Londres, séquestrés et torturés par des ravisseurs qui ont extorqué 30 000 dollars en cryptomonnaies.
- Six hommes ont été condamnés, mais le cerveau présumé de l’opération reste introuvable, alors que la France est devenue un épicentre des crypto-rapts.
Cinquante-deux heures de calvaire pour 150 000 dollars
Selon IBTimes UK, qui a suivi le procès à l’Inner London Crown Court, les deux victimes ont été interceptées par trois hommes cagoulés armés d’un pistolet et d’un couteau, alors qu’ils roulaient de Kensington vers l’est de Londres. Direction un appartement de Canning Town.
Ils y resteront enfermés plus de deux jours. Les ravisseurs les ont ligotés au ruban adhésif et aux serre-câbles, roués de coups, brûlés à la cigarette et ébouillantés, y compris sur les parties génitales. La procureure Heidi Stonecliffe KC a parlé d’une « torture froide et méthodique ». Les ravisseurs réclamaient environ 150 000 dollars. Ils repartiront avec 30 000 dollars de cryptomonnaies, arrachés sous la menace de mutilations génitales et de représailles contre les familles des victimes. L’une des deux victimes a été relâchée. L’autre a raconté aux enquêteurs qu’elle croyait avoir été « vendue » à un autre groupe criminel.
L’enquête a basculé grâce à un détail presque anecdotique. Un complice, échappé lors de l’agression initiale, avait laissé son téléphone dans le véhicule des ravisseurs. La Flying Squad de Scotland Yard a croisé cette donnée avec des images de vidéosurveillance pour localiser l’appartement. Trois suspects ont ensuite tenté de fuir en voiture. Ils ont fini par percuter un lampadaire, après une course-poursuite dans les rues résidentielles de la capitale britannique.
6 condamnations, un chef de réseau toujours dans la nature
Gerson B. et Mohamed O. ont été reconnus coupables de complot en vue d’extorsion et de séquestration, tandis que William A. , Julius G., Isaac B. et Adel S. écopent de la seule séquestration, un verdict plus clément prononcé après plusieurs semaines d’audience.
Le jury a en revanche écarté les charges de kidnapping, de détention d’arme factice et d’agression sexuelle. La sentence tombera en septembre. Le cerveau présumé de l’opération, un certain Ibrahim M. alias « Nino », aurait tout dirigé à distance via WhatsApp et Snapchat. Il reste introuvable, quelque part hors du Royaume-Uni.
La France, épicentre mondial des crypto-rapts
Ce dossier londonien n’est pas isolé. Le rapport Intel3D de CertiK recense 52 attaques physiques vérifiées contre des détenteurs de cryptomonnaies au premier semestre 2026, pour environ 124 millions de dollars de préjudice cumulé.
La France en concentre 33, soit près des deux tiers du total mondial de ces wrench attacks. Les invasions de domicile ont explosé, passant d’un seul cas recensé au premier semestre 2025 à vingt sur la même période cette année. La procureure a été directe devant les jurés sur les causes du profil des victimes : leur mode de vie, « largement diffusé sur les réseaux sociaux », aurait pu « attirer une attention indésirable ».
Les exchanges commencent à muscler la sécurité de leurs dirigeants pour limiter la casse, mais tant que les fortunes en cryptomonnaies s’étalent sur les réseaux sociaux, les malfaiteurs auront une liste de cibles toute faite.