Économie : Trump veut faire baisser l’essence plus vite aux États-Unis et menace les compagnies pétrolières
Essence trop chère. La guerre au Moyen-Orient a propulsé le prix du pétrole partout sur la planète, et les États-Unis n’y ont pas échappé. Le prix à la pompe a grimpé ces dernières semaines, au point que Donald Trump a publiquement sommé les compagnies pétrolières de faire un geste pour les consommateurs américains. Sur son réseau social, le président a même annoncé avoir saisi le Département de la Justice pour enquêter sur les tarifs pratiqués. Direction Washington D.C.
Points clés
- Donald Trump demande au Département de la Justice d’enquêter sur les prix de l’essence pratiqués par les pétroliers
- Le baril a chuté de 27 % en un mois, contre seulement 14 % de baisse à la pompe
- Un décalage technique explique en partie l’écart : 50 % du transfert prix-baril ne se fait qu’à long terme
- Le détroit d’Ormuz reste sous tension malgré les signaux de désescalade affichés par Washington
Donald Trump accuse les pétroliers de traîner des pieds
Dans une publication sur Truth Social, Donald Trump a dénoncé un décalage : les prix de l’essence ne reculent pas aussi vite que ceux du pétrole, et selon lui, les consommateurs se font avoir par les compagnies pétrolières.
« Les prix de l’essence doivent commencer à baisser beaucoup plus rapidement que ce que je vois », a-t-il écrit, avant d’ordonner au Département de la Justice d’enquêter pour comprendre pourquoi le carburant n’est pas déjà moins cher.
Le président américain affirme que les prix du pétrole « chutent comme une pierre », alors que les grandes compagnies maintiennent leurs tarifs à la pompe bien au-dessus de ce que justifierait la baisse du baril.
Et les chiffres lui donnent en partie raison puisque le baril est passé de 104 à 76 dollars en un mois, soit une chute de 27 %. Dans le même temps, le prix de l’essence n’a reculé que de 4,55 à 3,92 dollars, à peine 14 %.

Une enquête de la Justice et un décalage technique
Si Donald Trump met la pression, l’écart qu’il pointe s’explique en partie par un phénomène connu : les chocs pétroliers mettent du temps à se répercuter sur les prix à la pompe à l baisse.
Une étude publiée en 2021 chiffre ce transfert : environ 13 % une semaine après la variation du baril, 37 % au bout de trois mois et 50 % seulement sur le long terme. Autrement dit, la baisse récente du brut n’a pas encore eu le temps de se traduire pleinement à la station-service.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a, lui, élargi le sujet. Devant le Club économique de New York, il a alerté sur des chaînes d’approvisionnement mises à rude épreuve et sur la nécessité d’éviter les « goulots d’étranglement étrangers ». Pour lui, les diversifier reste la meilleure protection contre les pays tentés d’utiliser leur levier économique contre Washington.
Le président Trump dit désormais tenir l’Iran « dans les cordes », et une sortie de crise au Moyen-Orient pourrait se dessiner. Mais le détroit d’Ormuz reste sous tension et l’issue des discussions entre Washington et Téhéran demeure incertaine. Tant que ce verrou stratégique ne sera pas levé, les automobilistes américains risquent de patienter encore avant de voir le compteur de la pompe rejoindre celui du baril. Surtout que des commerçants peu scrupuleux auraient profité du contexte pour arrondir les fins de mois.