+63 % en 24 h : le token ZETA s’envole avant la fermeture programmée du layer 1 de ZetaChain
Partir, c’est mourir un peu. Le token ZETA s’envole : +63 % en 24 heures, la plus forte hausse du marché ce lundi. En cause : le vote de ZetaChain sur la fermeture de son layer 1. La proposition de gouvernance 68 demandait aux détenteurs de ZETA d’acter cette fermeture. Elle intervient trois ans après une levée de 27 millions de dollars. Ainsi, cette somme devait financer une blockchain capable de connecter toutes les autres. Résultat : le vote a tranché ce week-end avec 99,4 % de voix favorables. La participation a atteint 58 %, largement au-dessus des 40 % de quorum exigés. Autant dire qu’il n’y a pas eu de débat.
Toutefois, le réseau tourne encore : un second vote devra fixer le bloc d’arrêt exact. Après Helium, un autre projet abandonne donc son réseau natif pour rejoindre l’écosystème Solana. Au moment de la rédaction, le jeton ZETA évolue autour de 0,065 dollar. Il a atteint un pic à 0,07 dollar dans la matinée.
- Le token ZETA a connu une hausse spectaculaire de 63 % en 24 heures, stimulée par un vote pour la fermeture de son layer 1.
- ZETA devient un token natif sur Solana, reflétant un mouvement plus large vers cette blockchain rapide et peu coûteuse.
ZETA devient un token natif sur Solana, adieu au layer 1
Concrètement, ZETA va devenir un token SPL natif sur Solana, à un taux d’échange de un pour un. Ainsi, le ticker et l’offre totale, eux, restent inchangés. Les calendriers de vesting (le déblocage progressif des tokens réservés aux fondateurs et investisseurs) ne changent pas non plus. Autre point important, ces ZETA déjà émis sur Ethereum et sur BNB Chain restent hors du périmètre de cette migration. C’est ce que précise The Block. Un second vote reste nécessaire pour fixer la hauteur de bloc exacte. Il déterminera la capture des soldes et le bloc d’extinction du réseau. Il fixera aussi les instructions de réclamation des tokens et de retrait des actifs verrouillés sur les chaînes connectées. Enfin, ZetaChain a prévenu qu’il n’organisera pas ce vote avant d’avoir la confirmation des modalités d’échange auprès des plateformes concernées.
Le calendrier reste donc flou. C’est un peu la seule zone d’ombre dans un dossier où tout le reste a été validé à la quasi-unanimité.

Anuma, l’application IA qui embarque avec le token
En réalité, la vraie raison de cet abandon se niche du côté d’Anuma. Cette application d’intelligence artificielle privée a été lancée par l’équipe en février. En pratique, les utilisateurs y verrouillent des ZETA pour obtenir des crédits IA. Par ailleurs, une couche de mémoire privée chiffrée conserve le contexte des sessions. Anuma comptait 301 195 utilisateurs au 16 septembre. La plateforme revendique aussi plus d’un million de requêtes traitées sur 35 modèles différents depuis son lancement. Les développeurs du projet ont fini par admettre l’évidence : leur propre blockchain n’était pas nécessaire pour faire tourner l’application. Solana, avec sa vitesse et ses coûts de transaction très bas, fait désormais le travail à leur place.
L’ironie n’échappe à personne. Pourtant, ZetaChain vendait depuis trois ans une infrastructure censée relier toutes les blockchains entre elles. Le projet finit par constater l’évidence. Finalement, la connexion la plus utile, c’était de partir vivre chez le voisin le plus fréquenté.
Un mouvement qui s’inscrit dans une tendance plus large
Sorare avait quitté Ethereum pour Solana l’an dernier, pour les mêmes raisons de rapidité et de coûts. Helium avait fait le même choix avant lui, avec un vote de gouvernance approuvé à 81 %. Ce chiffre reste toutefois nettement moins écrasant que celui de ZetaChain. Surtout, ce n’est plus un projet isolé qui migre par opportunisme. Désormais, c’est une chaîne qui absorbe méthodiquement les équipes technique lassées d’entretenir leur propre validateur. Solana capte déjà l’essentiel des nouveaux tokens créés dans l’écosystème memecoin et une bonne partie des flux de stablecoins. Elle ajoute maintenant à son palmarès les équipes qui, faute de mieux, avaient construit leur propre réseau. Elles ont fini par réaliser qu’elles n’en avaient jamais eu besoin.