Bitcoin : JPMorgan lui prédit 10 % par an, mieux que les actions américaines et l’or
Neuf ans après l’« escroquerie » de Jamie Dimon, un 10 % bien rond. La division de gestion d’actifs de JPMorgan vient d’intégrer le Bitcoin à ses hypothèses de rendement à long terme. Sa prévision lui accorde 10 % par an sur 10 à 15 ans, plus que les grandes valeurs de Wall Street et que l’or.
Le patron de la banque traitait le BTC de fraude en 2017, puis le jugeait aussi utile qu’un caillou de compagnie. Ses stratèges viennent pourtant de le placer en haut de leur tableau.
Points clés
- J.P. Morgan Asset Management chiffre pour la première fois le rendement espéré du bitcoin, à 10 % composé par an.
- Les grandes capitalisations américaines plafonnent à 7,5 % et le métal jaune à 5,5 %.
- En contrepartie, la banque table sur des variations annuelles de 55 %, trois fois celles des actions.
- Aucune allocation n’est recommandée et la cryptomonnaie reste hors des principaux modèles de portefeuille.
JPMorgan fait entrer le Bitcoin dans ses prévisions à long terme
Chaque automne, J.P. Morgan Asset Management publie ses Long-Term Capital Market Assumptions. Ce gros document chiffre le rendement attendu de plus de 200 classes d’actifs sur 10 à 15 ans. Fonds de pension, assureurs et gérants s’en servent pour bâtir leurs allocations stratégiques.
La 31e édition est sortie le 19 octobre 2026, avec des données arrêtées au 30 septembre. Le bitcoin y fait son entrée. « Pour la première fois, nous fixons une fourchette de rendement pour le bitcoin, même si nous ne l’intégrons pas encore à nos principales matrices de covariance », écrit la banque dans la présentation de son étude.
Le chiffre retenu est de 10 % par an en rendement composé, celui qui mesure ce que vous gagnez réellement. En face, les actions américaines de grande capitalisation obtiennent 7,5 %, une prévision relevée de 0,8 point grâce à des marges supérieures à 15 %. L’immobilier coté américain est à 8,2 %, l’or à 5,5 %. Un portefeuille classique 60 % actions et 40 % obligations ressort à 7 %.
Sur la durée, l’écart se creuse vite. À 10 % par an, une mise est multipliée par 2,59 en dix ans et par 4,18 en quinze ans. Les grandes valeurs américaines font ×2,06 sur dix ans, l’or ×1,71.
Bitcoin à 55 % de volatilité selon JPMorgan
Le cadeau a une contrepartie. JPMorgan suppose pour le bitcoin une volatilité annuelle de 55 %, contre environ 18 % pour les grandes valeurs américaines et 17,2 % pour l’or. La volatilité mesure l’ampleur des variations de prix. À ce niveau, voir son placement fondre de moitié en douze mois n’a rien d’exceptionnel.
Cette agitation crée un écart spectaculaire dans le tableau. Le rendement moyen arithmétique du BTC atteint 20,9 % par an, mais il tombe à 10 % une fois composé. Plus de dix points s’évaporent en route.
La banque reste prudente sur le reste. Le bitcoin n’entre que dans une petite matrice séparée, aux côtés de quelques actifs cotés, et aucune allocation chiffrée n’est proposée. Selon crypto.news, le rapport met aussi en garde contre l’idée que la méfiance envers le dollar pousserait mécaniquement les investisseurs vers les cryptomonnaies.
Matt Hougan, directeur des investissements de Bitwise, a vite relayé le tableau sur X. Pour lui, ces chiffres font du bitcoin l’actif le plus rentable de la décennie à venir. Il juge même JPMorgan trop prudent, avec une volatilité surestimée et des rendements sous-estimés. Grayscale mesure d’ailleurs une volatilité réalisée de 43 % sur les douze derniers mois, loin des 55 % retenus par la banque.
Le marché a accueilli la nouvelle sans euphorie : le cours du bitcoin recule de 1,5 % sur 24 heures et s’échange autour de 81 340 dollars ce mardi matin, selon CoinGecko. Côté banque privée, JPMorgan laisse ses clients acheter du BTC depuis mai 2025, sans en assurer la garde.