Après la faille Coldcard, Bitcoin s’agite comme au lendemain de la chute de FTX
Soyez craintif quand les autres sont avides, et avide quand les autres sont craintifs. La crise de sécurité qui frappe Coldcard depuis le 30 juillet, une faiblesse d’entropie qui rendait certaines phrases de récupération devinables hors ligne, ne se lit pas seulement dans le bilan des bitcoins volés. Elle se voit aussi dans le comportement de tout un pan du réseau, bien au-delà des seuls wallets vulnérables. Selon les données de CryptoQuant, les transferts de moins de 1 BTC ont grimpé à 39 600 BTC le 31 juillet, leur plus haut niveau quotidien depuis novembre 2022, l’époque où la faillite de FTX avait poussé des milliers de détenteurs à déplacer leurs fonds en catastrophe. Un pic presque identique, pour une peur de nature très différente.
- La faille de sécurité de Coldcard a provoqué une agitation comparable à celle de la chute de FTX, avec des transferts de moins de 1 BTC atteignant un pic de 39 600 BTC le 31 juillet.
- La réaction du marché a été étonnamment calme, aucune vente paniquée n’ayant eu lieu, tandis que des mouvements massifs de bitcoins ont montré une consolidation défensive plutôt qu’une augmentation des utilisateurs actifs.
Le marché bouge comme au lendemain de FTX
Le chiffre parle de lui-même : 39 600 BTC en petits transferts, contre 39 900 BTC le 16 novembre 2022, cinq jours après le dépôt de bilan de FTX. Le nombre d’adresses actives quotidiennes a suivi la même trajectoire, passant d’environ 645 000 le 30 juillet à près d’un million le lendemain, un niveau plus revu depuis décembre 2024. Cette hausse est presque entièrement portée par les adresses émettrices, pas par les adresses réceptrices : des milliers de wallets se vident vers un nombre bien plus restreint de destinations, un schéma qui ressemble davantage à une consolidation défensive qu’à une explosion du nombre d’utilisateurs actifs.
Le prix du Bitcoin, lui, n’a presque pas bronché pendant cette agitation. Aucun krach, aucune vague de ventes paniques visibles sur les carnets d’ordres. Le marché encaisse le mouvement sans broncher, ce qui distingue nettement cet épisode d’un vrai choc de confiance généralisé.

Panique de sécurité, pas de vente panique
Le parallèle avec FTX s’arrête d’ailleurs là où l’essentiel commence. En 2022, l’effondrement de la plateforme avait poussé une génération entière vers l’auto-conservation, avec un mot d’ordre devenu culte, « not your keys, not your coins ». Cette fois, c’est justement un outil d’auto-conservation qui sème la panique, ce qui inverse une partie du réflexe. Selon CoinDesk, une partie des détenteurs inquiets renvoient leurs bitcoins vers des exchanges plutôt que de fuir vers un nouveau wallet personnel, l’exact opposé du réflexe qui avait suivi la chute de FTX.
Impossible pour l’instant de trancher entre plusieurs lectures d’un même mouvement : simple précaution de porteurs qui migrent leurs fonds vers du matériel jugé plus sûr, ou début d’une désillusion plus large envers la promesse du wallet physique personnel. Un wallet dormant depuis 2013 a d’ailleurs transféré 500 BTC début août, sans qu’aucun lien direct avec la faille ne soit confirmé. La blockchain montre où vont les bitcoins, jamais pourquoi leur propriétaire a choisi ce moment précis pour les déplacer. Reste un fait difficile à contester : une faille touchant quelques milliers d’adresses a suffi à faire bouger le réseau tout entier, à une échelle que seule une faillite d’exchange majeure avait provoquée jusqu’ici.