Bitcoin : Un mois historiquement calme, et une Fed qui pourrait ne rien changer
Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. Juillet touche à sa fin, et Bitcoin s’ennuie ferme. Selon la société d’analyse K33 Research, le volume d’échanges au comptant s’apprête à boucler son mois le plus faible depuis novembre 2023. Un calme plat qui tombe justement au pire moment pour les amateurs de sensations fortes : la Réserve fédérale américaine doit rendre sa décision sur les taux ce mercredi soir. D’ordinaire, l’un aurait dû électriser l’autre. Cette fois, les analystes doutent que la mécanique fonctionne encore.
- Bitcoin a connu un calme plat en juillet avec le volume d’échanges au comptant le plus faible depuis novembre 2023.
- Le divorce entre Bitcoin et le Nasdaq marque une rupture significative, suggérant une réaction moins violente de Bitcoin à la décision de la Fed.
Un été particulièrement soporifique
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le volume quotidien moyen de Bitcoin au comptant tourne autour de 2,2 à 2,3 milliards de dollars en juillet, et l’open interest (le montant total des positions ouvertes) sur les contrats à terme du CME n’avait plus été aussi bas depuis trois ans. Sur trente jours glissants, le volume d’échange ne représente que 62% de sa moyenne annuelle, un chiffre confirmé par CoinDesk qui cite directement les travaux de K33.
Vetle Lunde, responsable de la recherche chez K33, appelle ça la « summer slumber », la sieste estivale du marché crypto. Rien de nouveau sous le soleil, en réalité : fin juillet est traditionnellement la période la plus creuse de l’année pour Bitcoin. Sauf qu’un signe encourageant s’y glisse quand même. Les sorties de capitaux sur les ETF Bitcoin au comptant se sont calmées : environ un tiers seulement des jours de trading ont affiché des sorties nettes ce mois-ci, contre près de 90% en juin. Les acheteurs ne se bousculent pas au portillon, mais les vendeurs, eux, semblent avoir sorti le pied de l’accélérateur.
« Bitcoin continue de se négocier dans l’un de ses environnements de marché les plus calmes depuis des années. Dans cet épisode, nous discutons de ce que nous dit une activité commerciale modérée, pourquoi Strategy continue de créer de la liquidité, ce que dit la fermeture de BitMEX sur l’évolution des marchés de la cryptographie et pourquoi la réunion du FOMC de cette semaine pourrait devenir le prochain catalyseur du marché.»
Source : K33

Le divorce discret entre Bitcoin et le Nasdaq
Voilà le vrai basculement à surveiller. Bitcoin a passé une bonne partie de juillet à évoluer en dents de scie, pendant que le Nasdaq, lui, enchaînait les records avec un positionnement jugé déjà bien tendu par plusieurs maisons d’analyse. Une divergence qui tranche avec des années d’habitude : les deux marchés bougeaient d’ordinaire quasiment en miroir, en particulier dès qu’une incertitude macroéconomique pointait le bout de son nez.
Selon Lunde, la corrélation entre les deux actifs se rapproche de ses plus bas niveaux depuis plusieurs années, et K33 estime que ce découplage devrait limiter la réaction de Bitcoin à l’annonce de ce soir. Une rupture qui n’a rien d’anecdotique : elle suggère que Bitcoin pourrait réagir bien moins violemment que par le passé à la décision de la Fed, justement parce que le marché a déjà largement anticipé un scénario sans grande surprise. Un comble, pour l’actif qui se targuait il y a peu d’être le baromètre ultime du risque mondial.
Reste que le calme n’est pas forcément un mal. Il pèse aussi sur les acteurs qui vivent des commissions de trading : plusieurs plateformes offshore, déjà fragilisées par des mois de volumes en berne, ont mis la clé sous la porte cet été. Un phénomène qui n’a rien d’isolé, tant la contraction des volumes s’accompagne d’une vague de consolidation qui touche l’ensemble du secteur cet été, des petits exchanges jusqu’aux protocoles DeFi les moins rentables.
Ce n’est donc pas tant la décision de la Fed qui mérite l’attention ce soir, mais bien la manière dont Bitcoin choisira, ou non, d’y réagir. Un marché qui a appris à hausser les épaules face à la banque centrale américaine raconte, à sa façon, une histoire de maturité. Ou alors, simplement, une histoire de vacances d’été qui se prolongent un peu partout, y compris sur les marchés.