USDT et sanctions contre l’Iran : Tether répond aux accusations du Sénat américain
Tether répond sur le calendrier des gels. Après le rapport sur les circuits financiers iraniens et le courrier du sénateur Richard Blumenthal à Cantor Fitzgerald, Paolo Ardoino conteste les critiques visant l’USDT. Dans un message publié le 19 octobre, le directeur général de Tether affirme que l’entreprise bloque les adresses concernées avant leur désignation officielle. Il attribue également à ses interventions une baisse de 94 % des volumes de stablecoins liés à l’Iran. La parole est à la défense.
Points clés
- Paolo Ardoino affirme que, depuis 2023, les gels concernés précèdent en moyenne de quatre semaines les désignations américaines et israéliennes.
- Tether revendique une baisse de 94 % des volumes de stablecoins liés à l’Iran, sans détailler la méthode de calcul dans son message.
- Cette réponse intervient après un rapport des enquêteurs démocrates du Sénat et un courrier adressé à Cantor Fitzgerald, partenaire financier de Tether.
Tether affirme bloquer les adresses avant les sanctions
La défense de Paolo Ardoino porte d’abord sur la chronologie. Selon lui, depuis 2023, Tether a gelé les adresses concernées quatre semaines en moyenne avant leur désignation par l’OFAC, le service américain chargé des sanctions, et le bureau israélien de lutte contre le financement du terrorisme.
Le dirigeant ajoute que, dans 99 % des cas évoqués, l’entreprise est intervenue avant que Chainalysis ne marque ces adresses dans ses outils d’analyse. Il reproche ainsi au rapport de Blumenthal de négliger les actions anticipées de l’émetteur.
Paolo Ardoino avance aussi une baisse de 94 % des volumes de stablecoins liés à l’Iran, qu’il attribue aux gels et à la coopération avec les autorités. Son message ne précise toutefois ni la période de comparaison ni le périmètre permettant de reproduire ce calcul.
Cette réponse prolonge le communiqué du 28 septembre, dans lequel Tether revendiquait environ 550 millions de dollars d’USDT gelés en 2026 sur des portefeuilles liés à l’Iran. L’entreprise citait notamment des interventions en avril et en juillet. Elle soutient que la transparence des blockchains facilite le suivi des fonds et les blocages lorsque les autorités transmettent des renseignements exploitables.

Le rapport sénatorial et les liens avec Cantor restent au cœur du dossier
Les enquêteurs démocrates de la sous-commission permanente des enquêtes ont étudié 846 portefeuilles sanctionnés ou visés par des saisies pour leurs liens avec l’Iran et ses relais régionaux. Selon leur rapport, 84 % utilisaient exclusivement ou presque l’USDT. Cette proportion décrit l’échantillon étudié, pas l’ensemble des utilisateurs du stablecoin.
Leurs critiques concernent également des gels jugés tardifs ou insuffisants, notamment avant 2024, ainsi que des adresses présentant des indices publics d’activité illicite. Richard Blumenthal a demandé au Trésor et au département de la Justice d’examiner le respect des sanctions et des obligations antiblanchiment.
Le sénateur a ensuite interrogé Cantor Fitzgerald, le 8 octobre, sur sa relation avec Tether. Cette démarche vise notamment les contrôles du groupe financier, qui conserve et gère une partie des réserves de l’émetteur.
La réponse de M. Ardoino porte donc sur un volet précis : la rapidité des interventions de Tether. Elle ne répond pas directement aux questions adressées à Cantor. Le désaccord persiste entre le bilan de coopération revendiqué par l’entreprise et les insuffisances relevées par les enquêteurs.
La capacité de bloquer des USDT constitue un outil pour les autorités. Le débat porte désormais sur son utilisation : quelles adresses Tether identifie, à quel moment l’entreprise intervient et sur quelles informations elle fonde ses décisions. Et là, manifestement, il reste quelques zones d’ombre selon certains sénateurs.