Marchés prédictifs : Ces employés de campagne politiques parient sur leur propre candidat
Pari gagnant ou tricherie ? Le secteur des marchés prédictifs (prediction markets) grossit à vue d’œil, et avec lui, malheureusement, les affaires de délit d’initié (insider trading). Le phénomène touche notamment les États-Unis. Même si les plateformes Polymarket et Kalshi font de leur mieux pour limiter et sanctionner ce genre de comportement, certains employés de campagne politique continuent de parier sur leur propre candidat.
- Les marchés prédictifs ont connu une expansion rapide, mais des cas de délit d’initié, notamment parmi les employés de campagne politique, se multiplient aussi.
- Malgré les efforts de régulation de la CFTC, les plateformes Polymarket et Kalshi peinent à contenir ce phénomène, et le secteur serait pour l’instant un « Far West » numérique selon certains experts.
Les marchés prédictifs : un « Far West » numérique encore non régulé ?
L’activité en plein essor des marchés prédictifs pose un problème récurrent d’utilisation d’informations privilégiées. Les cas de délit d’initié se multiplient, notamment parmi les employés de campagne politique qui parient sur leur propre candidat grâce à des données internes non publiques. Mais pire que ces employés, Kalshi a par ailleurs banni et sanctionné (amendes) plusieurs candidats politiques qui avaient carrément parié sur eux-mêmes.
C’est en tout cas ce que prétend un employé de campagne à NPR, interrogé sous couvert d’anonymat. Il raconte comment lui et ses collègues auraient « empoché plusieurs milliers de dollars » en pariant sur leur propre candidat.
« Parce que vous avez toutes ces informations et ces connaissances qui ne sont pas encore accessibles au public, il est presque insensé de ne pas parier dessus avant qu’elles ne soient rendues publiques. »
Employé anonyme de campagne politique
Les régulateurs de la CFTC vont-ils sortir leur étoile de shérif ?
L’absence de règles claires pour lesmarchés prédictifs fait dire à certains spécialistes que c’est là une sorte de « Far West » numérique sur les paris.
Cependant, même en l’état actuel des lois, la pratique abordée ici pourrait bien violer certaines règles. Selon Jeff Le Riche, ancien avocat de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) : « c’est illégal, une violation du Commodity Exchange Act, si vous disposez d’informations importantes et non publiques et que vous avez le devoir de ne pas les utiliser ».
La CFTC affiche une volonté affirmée de réguler le secteur des marchés prédictifs. Mais sa capacité à juguler ce type de dérives semble pour l’instant limitée, car les soupçons de délits d’initiés se multiplient avec le succès de ces plateformes de paris sur les évènements futurs. La bataille de la régulation de ce jeune secteur des prediction markets ne fait que commencer.