Bitcoin : la Banque de Russie impose un plafond de 1% pour les banques qui s’exposent aux cryptos
1% de crypto, rien de plus. La Fédération de Russie compte parmi les pays qui ont le plus rapidement saisi l’intérêt stratégique de Bitcoin (BTC) et des cryptomonnaies, avec beaucoup d’avancées réglementaires ces dernières années. D’ailleurs, un important texte de cadrage du secteur des actifs numériques est en discussion en ce moment même à la Douma d’État. Pourtant, la Banque centrale russe vient d’imposer une forte limitation aux banques russes : un plafond de 1% sur leur exposition aux crypto-actifs.
- La Banque centrale russe impose un plafond de 1% sur l’exposition des banques aux crypto-actifs, pour « limitant leur risque financier ».
- Une pondération du risque de 50 % s’applique aux positions des clients en cryptomonnaies, sans limitation d’exposition pour ces derniers.
La Banque de Russie veut limiter l’exposition des banques à Bitcoin et aux cryptomonnaies
La Russie s’est imposée au fil des années comme un acteur majeur du secteur des cryptomonnaies, notamment pour le minage de Bitcoin. De plus, sa situation géopolitique l’a poussée à chercher des solutions numériques pour contourner les sanctions économiques imposées par les États-Unis et leurs alliés.
De même, le secteur crypto progresse rapidement sur le territoire russe, et les banques locales participent activement à cette dynamique. C’est précisément cette adoption croissante qui a conduit la Banque centrale de Russie à fixer un plafond réglementaire pour limiter l’exposition des banques aux crypto-actifs. Dans une interview accordée au média local Interfax, Alexander Danilov, responsable de la réglementation bancaire à la Banque de Russie, a ainsi présenté cette limite de 1% du capital des banques en crypto :
« Autrement dit, nous partons du principe que si une banque perd soudainement ses investissements en cryptomonnaies, cela n’aura pas d’effet majeur sur elle. D’ailleurs, selon la réglementation de Bâle, les banques ont également une limite de 1%, assortie d’une pondération de risque de 1250%. C’est ainsi qu’elles prennent en compte le risque de volatilité extrême. Et nous devons également tenir compte du risque de blocage des crypto-actifs, donc nous ne pouvons pas nous permettre d’être plus laxistes sur ce point. »
Alexander Danilov
Un plafond de 1% pour les banques, une pondération de 50% pour les cryptos des clients
Le plafond de 1 % s’applique donc au capital des groupes bancaires, et il vise leur exposition propre, c’est-à-dire les positions détenues pour elles-mêmes par les banques. Et il faut donc distinguer ce seuil de celui de l’exposition des clients à ces mêmes crypto-actifs
En effet, la banque centrale russe prévoit une pondération du risque, de 50%, sur l’ensemble de la position des clients, mais sans limite pour ses derniers (qui peuvent donc s’exposer en théorie jusqu’à 100%). Cette pondération vise à couvrir les risques liés à la garde, au piratage et à la sécurité informatique.
« Point important : nous n’intégrerons pas les positions des clients en cryptomonnaies dans le plafond de 1%, mais nous y appliquerons une composante spécifique de risque opérationnel. (…) Afin de les couvrir, nous allons appliquer une pondération de risque de 50% sur la totalité des positions clients. En d’autres termes, la banque doit être en mesure d’absorber des pertes estimées à environ 5% sur ces positions crypto des clients. »
Alexander Danilov, responsable de la réglementation bancaire à la Banque de Russie
L’arbitrage de la Banque de Russie est donc, en résumé, d’autoriser les banques à accompagner l’essor de Bitcoin et des cryptomonnaies (par les clients), tout en verrouillant leur propre bilan à seulement 1% de cryptos propres, pour éviter un trop fort impact en cas de choc de marché. La stratégie numérique russe avance donc, mais sous une forte prudence réglementaire qui ressemble, sur le fond, à celle des autres régulateurs européens.