Polymarket : Une nouvelle affaire de délit d’initié implique cette fois un ingénieur de chez Google
Un pari truqué ? Le 27 mai, le procureur fédéral du district sud de New York a déposé une plainte contre Michele Spagnuolo, ingénieur en sécurité chez Google. L’accusation est la suivante : il aurait exploité des données internes de l’entreprise pour placer ses paris sur Polymarket, et empocher au passage plus d’un million de dollars de bénéfices.
- Un ingénieur de Google a été accusé d’avoir utilisé des informations internes pour engranger plus d’un million de dollars sur Polymarket.
- Polymarket, déjà sous surveillance, voit ses utilisateurs profiter d’un avantage informationnel inquiétant, attirant l’attention des autorités.
Un ingénieur de Google accusé de délit d’initié sur Polymarket
Le pari concernait l’un des marchés les plus médiatisés de Polymarket en fin d’année : qui serait la personne la plus recherchée sur Google en 2025. Or, Michele Spagnuolo disposait d’un accès privilégié à un outil interne du moteur de recherche, qui permet donc de suivre en temps réel les tendances de requêtes. De quoi parier sans risquer grand-chose !
Selon la plainte du procureur, l’ingénieur aurait ainsi accumulé 1,2 million de dollars de gains. Sa mise gagnante : miser massivement sur le chanteur D4vd, qui s’est effectivement hissé en tête des recherches Google l’année dernière.
Polymarket, rappelons-le, est une plateforme de paris décentralisée sur laquelle les utilisateurs spéculent sur l’issue d’événements futurs, de la politique aux phénomènes culturels en passant par les chiffres économiques et les données météo.

Marchés prédicitifs : Un secteur sous surveillance renforcée
La société assure de son côté avoir collaboré étroitement avec les autorités pour identifier ce schéma de paris suspects. Un discours de transparence qui devient un passage obligé pour la plateforme, désormais habituée aux affaires judiciaires américaines. Car ce dossier est loin d’être le seul.
En janvier 2026, un sergent des forces spéciales américaines avait déjà été arrêté pour avoir utilisé des informations classifiées afin de parier sur la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Si l’on retiendra de cette série judiciaire la diversité des profils impliqués, militaire d’élite hier, ingénieur d’un GAFAM aujourd’hui, le dénominateur commun est plus inquiétant pour la plateforme : Polymarket attire à présent des parieurs qui disposent, par leur métier, d’une longueur d’avance sur l’information publique.
L’asymétrie d’information, qui constitue le cœur de la notion de délit d’initié sur les marchés financiers traditionnels, trouve donc ici un nouveau terrain de jeu. Et un cadre juridique encore mouvant : les paris sur événements ne sont pas, stricto sensu, des titres financiers. Reste que le département de la Justice américain semble avoir tranché en faveur d’une application large des règles, peu importe le support technologique utilisé pour parier.
Pour les utilisateurs honnêtes de la plateforme, le message est clair : chaque marché agrège désormais une part de joueurs disposant d’un avantage informationnel structurel. Une donnée à intégrer avant de placer sa prochaine mise et d’espérer emporter le gros lot.