Après la crypto, l’or : un négociant séquestré 18 jours et dépouillé de 500 000 euros à Montpellier
Dix-huit jours dans une pièce aux volets clos. Des ravisseurs ont enlevé un négociant en or sexagénaire de Montpellier le 4 septembre. La BRI l’a libéré le 22 septembre. Entre-temps, ils lui ont pris son stock de métal, ses pièces anciennes et une partie de ses comptes. Le préjudice approche 500 000 euros. Le scénario ressemble à celui des crypto-rapts qui se multiplient en France. Pourtant, aucun bitcoin n’apparaît dans le dossier.
- Un négociant en or de Montpellier a été enlevé et séquestré pendant dix-huit jours pour un préjudice de près de 500 000 euros.
- La victime a été libérée par la BRI, et plusieurs suspects ont été arrêtés, révélant un scénario semblable aux enlèvements liés aux cryptomonnaies.
Un négociant en or piégé par une fausse commande
Midi Libre a révélé l’affaire ce mardi 6 octobre. Tout commence par un rendez-vous. Une cliente du professionnel lui promet une grosse commande de bijoux et lui propose de la suivre en voiture. Le trajet s’arrête dans une maison de Mauguio, à l’est de Montpellier. Là, on le frappe, puis on lui prend sa mallette, son ordinateur et ses clés. La nuit même, ses ravisseurs le conduisent, la tête sous un sac, jusqu’à un pavillon de Plaissan, dans l’arrière-pays héraultais. Il y restera enfermé avec un repas par jour.
Pendant ce temps, la bande se sert. Un homme muni des clés et des badges vide les bureaux et le coffre-fort du quartier Millénaire. Aux voisins, il explique que le patron a été victime d’un AVC et ne reviendra pas. La bande fouille ensuite le domicile. Puis plusieurs dizaines de milliers d’euros quittent les comptes bancaires par virement. Au total, l’addition atteint près de 500 000 euros.
Le négociant en or sauvé par un rendez-vous manqué à Anvers
Personne ne donne l’alerte pendant treize jours. Le 17 septembre, un professionnel des métaux précieux installé à Anvers donne enfin l’alerte. Son confrère montpelliérain a manqué un rendez-vous important. La police judiciaire de Montpellier découvre alors des bureaux vidés et un logement retourné. Le téléphone du disparu a par ailleurs borné à Paris, une ville où il ne se rend presque jamais. Des prélèvements réalisés dans les locaux désignent un premier suspect. Sa téléphonie mène ensuite les enquêteurs à Mauguio, puis à Plaissan.
Le 22 septembre, la BRI entre dans le pavillon. Les policiers interpellent deux jeunes femmes chargées de la garde. Ils retrouvent l’otage vivant, mais épuisé et marqué par les coups. « On était persuadés qu’on allait le retrouver mort », confie une source judiciaire au quotidien régional. Les enquêteurs ont ensuite arrêté le commanditaire présumé et un complice à Paris. La cliente qui a servi d’appât faisait partie des deux femmes interpellées. Ce 6 octobre, elle a assuré devant la cour d’appel de Montpellier avoir agi sous la contrainte. Son avocat, Me Rémi Bertrand, confirme cette version.
De la crypto à l’or, la même clé à molette
Remplacez les lingots par une seed phrase, cette suite de mots qui ouvre un portefeuille crypto. Vous obtenez alors un fait divers devenu banal en France. Le parquet national anticriminalité organisée a en effet recensé plus de 70 enlèvements et séquestrations liés aux cryptomonnaies, selon franceinfo. Ce décompte couvre les huit premiers mois de 2026. Le milieu crypto appelle cette méthode la « wrench attack » (l’attaque à la clé à molette). Inutile de pirater quoi que ce soit quand on peut menacer le propriétaire.
On présente souvent ces violences comme une tare propre au bitcoin. Pourtant, rien n’indique que le négociant de Montpellier en détenait. Il a quand même passé dix-huit jours enfermé. L’or avait tout pour plaire. L’once valait environ 4 100 dollars le 5 octobre. Un lingot d’un kilo se négocie donc autour de 121 000 euros, de quoi loger une fortune dans une mallette. Un transfert de bitcoin reste visible à vie sur la blockchain (le registre public du réseau). À l’inverse, une pièce fondue ne laisse guère de trace.
Que la valeur dorme dans un coffre ou sur un wallet, le point faible reste celui qui en détient l’accès. Les acheteurs d’or le savent depuis la cyberattaque contre Lingor. Fin août, elle a exposé les adresses et les montants d’achat de ses clients. L’enquête montpelliéraine se poursuit avec plusieurs suspects incarcérés dans l’Hérault et à Paris.