Crypto : La SEC approuve les premiers ETF Bitcoin et Ethereum à levier x3
Triple dose de bitcoin au menu de Wall Street. La SEC a autorisé la cotation des premiers ETF américains à effet de levier. Ainsi, les traders pourront appliquer des leviers jusqu’à x3 sur bitcoin et l’ether. Jusqu’ici, le marché américain était resté bloqué à un levier x2 depuis 2023, deux ans après leur lancement.
Produits de trading à horizon court, ces fonds se rééquilibrent à chaque séance et n’ont rien d’un placement que l’on oublie au fond d’un portefeuille. Les ETF à levier triple existent sur les indices actions américains depuis 2010. Désormais c’est au tour de bitcoin et probablement bientôt decelui d’autres cryptomonnaies d’accéder à cette fonctionnalité.
Points clés
- Washington autorise une exposition quotidienne triple au bitcoin et à l’ether via des fonds cotés, là où le marché américain s’arrêtait à un facteur deux depuis 2023
- La règle 18f-4 de 2020 bride le risque des fonds du 1940 Act, les produits actions à facteur trois encore cotés datant d’avant cette date
- Le réglage s’effectue séance par séance : un aller-retour de cours à l’équilibre laisse déjà 6,7 % de perte sur le fonds
- Face aux perpétuels offshore à 50 ou 100 fois, ces fonds suppriment appels de marge et liquidations forcées
ETF Bitcoin et Ethereum : comment la SEC a fait sauter le plafond du levier
Ce plafond tenait depuis juin 2023, près de deux ans après l’ouverture des premiers ETF bitcoin américains. Lancés en octobre 2021, ces ETF sur contrats à terme ne permettait pas d’utiliser des effets de levier.
En 2023, la SEC ouvre la porte aux leviers x2 et Volatility Shares a été le premier à s’engouffrer dans la brèche avec son fonds BITX. Les ETF au comptant ont quant à eux, dû attendre janvier 2024.
Le 2 octobre 2026, la SEC a annoncé l’autorisation de la cotation des produits à levier x3 pour le même émetteur, sur ses fonds BTC et ETH. Toutes les demandes plus agressives butaient jusque-là sur un obstacle technique.
En effet, en 2020 les USA adoptent la règle 18f-4, qui plafonne à 200% le risque de perte des fonds régis par l’Investment Company Act de 1940. De ce fait, les leviers x3 sortent de ce cadre réglementaire. Les ETF actions encore cotés à x3, TQQQ ou SOXL, ne tiennent que par une clause d’antériorité : ils datent de 2010. Volatility Shares a contourné le mur en logeant ses produits dans des trusts de matières premières, sous la loi de 1933, hors du 1940 Act.
Levier x3 sur Bitcoin et Ethereum : la facture du rééquilibrage quotidien
Encore faut-il comprendre ce qu’on achète. Un fonds à levier triple reproduit trois fois la variation d’une séance, et uniquement d’une séance. Un actif qui perd 10% un jour puis en regagne 11,1% le lendemain revient exactement à son point de départ. Le fonds, lui, affiche encore 6,7% de retard.
Cette érosion devient d’autant plus importante sur un actif qui bouge de 3 à 4% par jour. Un repli de 33,4% en une seule séance effacerait la quasi-totalité de la valeur liquidative. C’est exactement sur ces positions qu’elles sont massivement liquidées lorsque le bitcoin perds près de 40%, comme ce fut le cas le 12 mars 2020.
Le produit garde pourtant un avantage sérieux sur ses concurrents offshore. Un ETF ne déclenche ni appel de marge ni liquidation forcée. La perte maximale reste le capital engagé, dans un compte-titres ordinaire, avec un reporting quotidien. Sur les plateformes de contrats perpétuels, où le levier grimpe couramment à 50 ou 100 fois, la sanction tombe en quelques secondes et emporte l’intégralité de la marge déposée. Le 10 octobre 2025, une cascade de liquidations a balayé près de 19 milliards de dollars de positions en vingt-quatre heures.
« Les investisseurs doivent savoir que la performance de ces ETF sur une période supérieure à une journée peut différer sensiblement de leur objectif de performance quotidien annoncé. »
Alerte conjointe de la SEC et de la FINRA consacrée aux ETF à effet de levier
La volatilité annualisée du bitcoin tourne autour de 45%. À ce régime, un levier x3 conservé trois mois sur un marché qui finit à l’équilibre laisse environ 15 % du capital sur la table, avant même les frais de gestion et le coût du roulement des contrats à terme.