IA : Comment des hackers ont piraté OpenAI grâce à Claude Opus 5 ?
Course à l’armement algorithmique. Fin juillet 2026, une poignée de chercheurs de la société de sécurité Hacktron AI met la main sur les comptes ChatGPT et Codex de plusieurs employés d’OpenAI, en moins de 72 heures. L’outil qui leur a permis d’aller aussi vite n’est pas signé OpenAI. Anthropic vient de prouver, sur le dos de son concurrent direct, jusqu’où va sa propre cybersécurité offensive, portée cette fois par Claude Opus 5.
- Hacktron AI a compromis les comptes ChatGPT et Codex d’OpenAI en utilisant une faille dans le forum d’aide d’OpenAI, mettant en lumière des vulnérabilités critiques.
- Anthropic a démontré sa supériorité avec Claude Opus 5, transformant rapidement une faille connue en exploit, révélant des enjeux de cybersécurité inquiétants pour les géants de la technologie.
OpenAI piégé par sa propre porte dérobée avec la faille libheif
Tout part d’un détail technique enfoui dans le forum d’aide d’OpenAI, community.openai.com, bâti sur le logiciel Discourse. Une image au format HEIC, le format photo par défaut des iPhone, contient une charge malveillante qui exploite un dépassement de tampon dans libheif, la bibliothèque chargée de convertir ces images côté serveur. Le correctif existait déjà en amont. Debian 12, le système qui fait tourner le forum, ne l’avait jamais intégré. Et c’est bien là le problème.
En effet, une fois l’exécution de code obtenue sur le serveur, les chercheurs remontent la chaîne jusqu’au bouton « Se connecter avec OpenAI », le système d’authentification unique qui relie le forum aux comptes ChatGPT et Codex.
Mal configuré, il transforme une prise de contrôle du forum en accès direct aux outils de développement d’un employé, GitHub compris. Pour prouver l’ampleur des dégâts sans y toucher, l’équipe de Hacktron AI se contente de déposer une pull request inoffensive dans le monorepo interne d’OpenAI. La démonstration est faite. Le code source, lui, reste intact.
« Le 25 juillet, nous avons piraté OpenAI. Deux failles nous ont permis de prendre le contrôle des comptes ChatGPT/Codex des employés d’OpenAI (et de quelques utilisateurs externes) et d’accéder aux services associés : Outlook, Slack, GitHub, etc. Nous l’avons prouvé par une pull request dans le code source interne d’OpenAI. Cela nous a pris moins de 72 heures. »

Claude Opus 5, la carte maîtresse du hack contre OpenAI
Les premiers essais des chercheurs, avec Claude Opus 4.8, tournent au ralenti sur la partie la plus coriace du problème : transformer la faille libheif en exploit fonctionnel sur architecture ARM64, celle des serveurs visés.
Cependant, le 24 juillet 2026, Anthropic sort Claude Opus 5. D’après le récit de Hacktron AI, le nouveau modèle produit un exploit ARM64 opérationnel en quelques heures, là où l’équipe patinait depuis des jours. Vingt-quatre heures plus tard, l’accès aux comptes employés est confirmé, la faille SSO signalée, le correctif déployé par OpenAI dès le 25 juillet.
Le programme Bugcrowd d’OpenAI a versé 6 500 dollars de prime, une somme presque dérisoire au regard de ce qu’elle a permis d’éviter. Discourse, l’éditeur du logiciel de forum, publie de son côté, le 28 juillet, un avis de sécurité classé 8,8 sur l’échelle CVSS.
OpenAI, Anthropic et la crypto face au même risque cyber
Le sujet a mis près de deux mois à sortir du cercle des chercheurs en sécurité. Le Wall Street Journal le sort de l’ombre à la mi-septembre, confirmant de façon indépendante que des comptes d’employés OpenAI ont bien été compromis, avec un accès potentiel au code source. Le grand public découvre alors ce que la communauté infosec savait déjà depuis juillet. Une IA généraliste, pas un exploit écrit à la main, a fait la différence entre un rapport de bug bounty poli et une vraie prise de contrôle des outils internes d’un des laboratoires les plus surveillés au monde.
Pour les plateformes crypto, la leçon pique davantage. Échanges, wallets et protocoles DeFi branchent de plus en plus d’agents IA sur leur infrastructure, du support client automatisé à la détection de fraude. Si un modèle grand public accélère à ce point la recherche de failles côté attaquant, rien ne dit que la défense suit le même rythme.
OpenAI a corrigé sa faille SSO en un jour, ce qui n’est pas rien. Mais le forum d’aide n’était qu’une porte parmi d’autres, et la vitesse à laquelle Claude Opus 5 a transformé une faille connue en exploit ARM64 fonctionnel dit quelque chose de plus large que le seul cas OpenAI. Un modèle classé risque cyber critique n’est plus un scénario de laboratoire. C’est un outil que n’importe quelle équipe de sécurité, offensive ou défensive, peut sortir du tiroir en une nuit.