XRP bondit de 15 % : Le réseau de Ripple vit à l’heure des banquiers
Quinze pour cent de hausse, et une bizarrerie statistique en prime. Le cours du XRP a repris des couleurs cette semaine, dans un marché où les rebonds à deux chiffres se sont raréfiés. Mais le chiffre qui retient l’attention des analystes on-chain n’est pas celui du prix : l’activité du XRP Ledger se concentre du lundi au vendredi, sur une plage horaire qui épouse les heures ouvrées des places financières. Des horaires de banquiers, au sens propre.
Pour un actif issu d’une industrie qui se targue de tourner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, le contraste avec Bitcoin et Ethereum est net. Sur ces deux réseaux, l’activité ne connaît ni week-end, ni pause déjeuner.
Points clés
- XRP progresse de 15 % sur fond de liquidations de positions vendeuses et de flux entrants via les ETF spot américains
- L’activité du XRP Ledger culmine du lundi au vendredi aux heures ouvrées et s’effondre le week-end, à l’inverse des actifs portés par le retail
- Ripple a empilé Metaco, Hidden Road (Ripple Prime), Rail et GTreasury pour cibler trésoreries d’entreprise et corridors interbancaires
- Le stablecoin RLUSD et une demande d’agrément bancaire fédéral auprès de l’OCC complètent le dispositif institutionnel
Un rebond de 15 % porté par les flux, pas par les slogans
La hausse s’est jouée en quelques séances, avec le scénario habituel : des positions vendeuses trop confiantes, un mur de liquidations, puis un carnet d’ordres qui se vide vers le haut. Rien d’exotique. Ce qui a changé depuis dix-huit mois, en revanche, c’est la nature des acheteurs présents en face comme l’explique CoinDesk.
Depuis l’automne 2025, plusieurs ETF spot XRP sont cotés aux États-Unis. Canary Capital a ouvert le bal, suivi par Bitwise, Franklin Templeton, Grayscale et 21Shares. De fait, ces véhicules ont fait entrer XRP dans les mêmes tuyaux de distribution que le bitcoin et l’ether : conseillers financiers, plateformes de courtage traditionnelles, allocations modèles. Une demande qui, par construction, s’exprime aux heures d’ouverture des marchés américains, du lundi au vendredi.
À cela s’ajoute une mécanique propre au jeton : Ripple libère chaque mois un milliard de XRP, dont l’essentiel est historiquement reverrouillé. Cette pression d’offre programmée reste le principal argument des sceptiques, et elle n’a pas disparu avec le rebond.

« Banker hours » : le grand livre travaille quand les back-offices sont ouverts
L’expression « banker hours » désigne, dans le jargon anglo-saxon, les horaires réputés confortables des employés de banque : grosso modo du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures, week-ends et jours fériés exclus. Appliquée à une blockchain publique, la formule a de quoi faire sourire. Elle décrit pourtant assez fidèlement le profil d’activité du XRP Ledger : les pics de transactions et de volume de paiement tombent en semaine, pendant les sessions asiatique et européenne, puis s’effondrent le samedi et le dimanche.
Le profil inverse de celui des cryptomonnaies dites « retail », dont l’activité grimpe le soir et pendant les week-ends, quand les particuliers ont le temps de spéculer. Ici, le grand livre respire au rythme des salles de marché et des services de trésorerie.
Une nuance s’impose : avec des frais quasi nuls, le XRP Ledger héberge aussi du bruit, spam transactionnel et bots d’arbitrage sur son DEX natif et ses pools AMM. La saisonnalité hebdomadaire observée ne prouve pas à elle seule un usage bancaire massif. Elle indique en revanche que les flux les plus lourds ne viennent pas du trader nocturne.
Ripple a passé trois ans à construire des tuyaux
Ce calendrier n’a rien d’un hasard. Depuis le rachat de Metaco pour 250 millions de dollars, Ripple empile les briques d’infrastructure destinées aux institutions : Hidden Road, courtier prime racheté 1,25 milliard de dollars et rebaptisé Ripple Prime, la plateforme de paiements Rail pour 200 millions, puis l’éditeur de logiciels de trésorerie GTreasury pour environ 1 milliard. Autant d’actifs qui parlent aux directions financières, pas aux forums de spéculation.
Le stablecoin maison, RLUSD, sert de ciment à l’ensemble. Émis sous licence du régulateur new-yorkais, il est adossé à des dollars et à des bons du Trésor américain, et circule à la fois sur XRP Ledger et sur Ethereum. Ripple a par ailleurs déposé une demande d’agrément bancaire national auprès de l’OCC, le régulateur fédéral des banques aux États-Unis.
« Si elle est approuvée, nous serions soumis à la fois à une supervision d’État (via la NYDFS) et fédérale, un nouveau référentiel de confiance, et unique, sur le marché des stablecoins. »
Brad Garlinghouse, PDG de Ripple
Côté protocole, la trajectoire est cohérente : sidechain compatible EVM, domaines permissionnés permettant de restreindre l’accès à certains carnets d’ordres, système de credentials pour l’identification des contreparties, protocole de prêt natif. Des fonctionnalités taillées pour des acteurs régulés qui ne peuvent pas se permettre de traiter avec une adresse anonyme.
Reste un fait difficile à contourner : le XRP Ledger enregistre ses volumes les plus élevés précisément quand les back-offices bancaires travaillent, et les plus faibles quand les particuliers, eux, sont les plus disponibles. Pour un réseau conçu dès l’origine pour le règlement interbancaire, la corrélation a le mérite de la cohérence.