SEC contre Ripple : Le plan secret pour distribuer tout le XRP aux actionnaires
Quand la SEC (l’autorité américaine des marchés financiers) a attaqué Ripple en justice en décembre 2020, l’accusant d’avoir mené une offre non enregistrée de titres financiers à hauteur de 1,3 milliard de dollars via la vente de XRP, l’entreprise n’était pas loin de baisser les bras.
Le PDG de Ripple l’a récemment raconté : l’entreprise a sérieusement envisagé de fermer purement et simplement ses portes. Le plan : distribuer ses réserves de XRP directement aux actionnaires. Objectif, ne plus rien laisser à la SEC contre quoi porter plainte.
- Ripple a envisagé de fermer face à l’accusation de la SEC, mais s’est battu pour préserver des emplois.
- Le combat judiciaire a coûté 150 millions de dollars, mais a abouti à une victoire pour Ripple avec la décision que le XRP n’était pas un titre financier.
« On a bien failli fermer l’entreprise quand la SEC nous a attaqués en justice »
Selon le récit rapporté par CoinDesk le 12 juillet 2026, les avocats de Ripple avaient à l’époque prévenu la direction que l’entreprise était « finie et impossible à sauver ». Leur recommandation : négocier un accord à l’amiable pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être.
La SEC, de son côté, avait nommément visé le PDG et le cofondateur de l’entreprise dans sa plainte. Une manœuvre de pression destinée à pousser la direction à céder rapidement plutôt qu’à s’engager dans une bataille judiciaire longue et coûteuse.
Le régulateur est même allé plus loin, à titre personnel cette fois. Selon Garlinghouse, la SEC lui aurait proposé un accord individuel : abandonner les charges contre lui s’il acceptait de payer une amende, tout en poursuivant l’offensive contre Ripple.
Le régulateur disposait, selon les mots mêmes de la direction de Ripple à l’époque, d’un « pouvoir et de ressources quasi infinis ». Face à un tel rapport de force, l’idée de mettre la clé sous la porte n’avait rien d’absurde. D’autres auraient plié. Beaucoup d’entreprises crypto, dans une situation similaire, auraient probablement choisi cette option plutôt que d’affronter des années de procédure.
Ripple vs le SEC : une guerre sur plusieurs années
Ce qui a finalement convaincu Ripple de se battre plutôt que de fermer, ce n’est pas un calcul purement financier. C’est le poids humain de la décision.
24/7 Wall Street rappelle qu’à l’époque, l’entreprise employait déjà plusieurs centaines de personnes. Fermer boutique aurait signifié sacrifier tous ces emplois du jour au lendemain. Un choix impossible à assumer. Ce constat a fini par l’emporter sur la tentation de la sortie la plus simple.
Le combat judiciaire a coûté environ 150 millions de dollars de frais d’avocats sur quatre ans. Une somme colossale. Mais qui a fini par payer : un juge fédéral a tranché que le XRP, en tant que tel, ne constituait pas un titre financier. L’affaire s’est ensuite soldée l’année dernière, quand la SEC a renoncé à faire appel sous sa nouvelle direction, nettement plus favorable à la crypto.

Une leçon qui dépasse le seul cas Ripple
Cette histoire, aujourd’hui presque oubliée derrière la capitalisation confortable de XRP, mérite d’être remise en perspective. Elle rappelle à quel point le sort d’un projet crypto majeur peut tenir à un fil. Y compris quand ce projet dispose déjà de moyens financiers conséquents et d’une base d’utilisateurs solide.
Face à un régulateur déterminé, même une entreprise établie peut se retrouver au bord du gouffre.
Cette pression sur un dirigeant en particulier n’a d’ailleurs rien d’isolé dans l’histoire réglementaire de la crypto, même si elle prend parfois le chemin inverse. Changpeng Zhao, le fondateur de Binance, a lui aussi vu la justice américaine cibler sa responsabilité personnelle. Sauf que là où Garlinghouse a refusé l’arrangement et sauvé son entreprise comme sa propre situation, CZ a choisi l’inverse : plaider coupable à titre individuel, écoper de quatre mois de prison, pendant que Binance encaissait de son côté 4,3 milliards de dollars d’amende. Deux régulateurs, deux offres de sortie individuelle, deux choix opposés.