Tokenisation : Standard Chartered prévoit 4 000 milliards de dollars d’actifs tokenisés d’ici 2028
Quatre mille milliards de dollars. C’est le montant que pourrait peser le marché des actifs tokenisés d’ici 2028, selon un rapport de Standard Chartered. La tokenisation consiste à émettre des jetons numériques représentant des actifs du monde réel : actions, obligations, immobilier, œuvres d’art. L’idée est simple : rendre ces actifs plus liquides et plus accessibles, en permettant leur échange sur des plateformes blockchain.
- Standard Chartered a estimé que le marché des actifs tokenisés pourrait atteindre 4 000 milliards de dollars d’ici 2028, marquant une croissance historique de 50 % par an.
- Les stablecoins ont été projetés pour connaître une hausse extraordinaire, passant de 120 milliards à 1 000 milliards de dollars, impactant significativement les paiements transfrontaliers.
Un marché en croissance accélérée
Dans son rapport publié le 18 mai, la banque britannique Standard Chartered table sur 4 000 milliards de dollars d’actifs tokenisés à horizon 2028, soit une croissance annuelle d’environ 50 %.
Cette dynamique serait portée d’abord par les actions tokenisées, qui pourraient peser à elles seules 1 400 milliards de dollars. Les obligations tokenisées suivraient avec 1 200 milliards. Le mouvement n’a rien d’anecdotique : il s’agit de faire basculer sur des rails blockchain des pans entiers de la finance traditionnelle.
Les stablecoins sont également attendus en forte hausse. Ils servent aujourd’hui de carburant aux échanges crypto et, de plus en plus, aux paiements transfrontaliers. Standard Chartered anticipe un passage de 120 milliards de dollars aujourd’hui à 1 000 milliards d’ici 2028.

La DeFi, bénéficiaire collatérale
Le rapport accorde une place de choix à la finance décentralisée. La DeFi (qui regroupe les services financiers exécutés via des smart contracts sur blockchain : prêts, emprunts, échanges, dérivés) pourrait elle aussi franchir le cap des 1 000 milliards de dollars sous gestion.
Le mécanisme est assez direct : les actifs tokenisés peuvent servir de collatéral dans les protocoles de prêt onchain, ce qui élargit mécaniquement la base de liquidité disponible. Une action ou une obligation tokenisée devient un actif programmable, mobilisable instantanément en garantie d’un emprunt en stablecoins.
Les banques traditionnelles déjà à la manœuvre
Standard Chartered n’est pas seule à parier sur ce marché. JP Morgan a lancé son propre stablecoin, le JPM Coin, pour les règlements entre clients institutionnels. Goldman Sachs travaille depuis 2021 à la tokenisation de certains de ses produits financiers afin d’en élargir la distribution.
Côté infrastructure, des spécialistes comme Securitize ou Polymath fournissent les briques techniques permettant aux entreprises d’émettre des jetons représentant leurs actifs, dans le respect des cadres réglementaires applicables (notamment les régimes security tokens).
Reste à voir si la trajectoire de 50 % de croissance annuelle se vérifiera. Les chiffres de Standard Chartered supposent que la régulation suive le rythme, que les infrastructures de marché tokenisé montent en charge, et que les investisseurs institutionnels franchissent le pas. Trois conditions loin d’être acquises à ce stade.