Bitcoin et les cryptos « un nouveau Far West » terroriste ? Macron appelle à réguler les cryptomonnaies
Hier, mardi 19 mai 2026, Emmanuel Macron a clôturé la 5ème conférence ministérielle « No Money For Terror » organisée à Bercy dans le cadre de la présidence française du G7. Dans son discours, le chef de l’État a directement ciblé les crypto-actifs comme vecteur de financement du terrorisme, appelant la communauté internationale à muscler sa réponse régulatoire. Une déclaration à fort potentiel d’impact pour l’écosystème crypto européen. On fait le point.
- Emmanuel Macron a clôturé la conférence « No Money For Terror » en ciblant les crypto-actifs comme vecteurs de financement du terrorisme.
- La déclaration de Macron s’inscrit dans un contexte diplomatique stratégique, renforçant la pression pour une régulation accrue des crypto-actifs au sein du G7.
Les cryptos, nouveau front de la lutte antiterroriste
Huit ans après la première édition lancée à Paris en 2018, la conférence « No Money For Terror » a réuni près de 60 États et une vingtaine d’organisations internationales. Au cœur des débats : le « détournement des innovations financières« , notamment les cryptomonnaies et outils numériques, désormais utilisés pour financer des activités terroristes.
Aussi, Emmanuel Macron a mis en garde contre ces risques de détournement, visant explicitement les crypto-actifs dans son discours de clôture. La formule « nouveau Far West financier » résume sa position : pas question de laisser le secteur évoluer hors de tout contrôle au nom de l’innovation. Le ton n’est pas prohibitionniste, il est clairement régulatoire, et il s’adresse autant aux partenaires du G7 qu’aux acteurs français et européens du secteur.
Ce signal intervient dans un contexte diplomatique soigneusement choisi. La filière Finances du G7, coprésidée par le ministre Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, fait de la lutte contre le financement du terrorisme et les flux illicites l’une de ses priorités sous présidence française. La conférence NMFT s’inscrit directement dans la séquence menant au Sommet des chefs d’État d’Évian, prévu les 15-17 juin 2026.
« Ne laissons pas s’installer autour des crypto-actifs une forme d’opportunités pour les criminels et les terroristes. (…) Il n’y a pas de monde soutenable en paix, de régulation et de stabilité financière pour nos pays, si en quelque sorte nous réinventons un Far West. »

MiCA, PSAN et DeFi : ce qui est réellement en jeu
Pour vous, lecteurs du Journal du Coin, la déclaration de Macron ne tombe pas dans le vide. Elle s’inscrit dans un cadre régulatoire déjà en pleine transformation. La transition MiCA est en phase finale : les PSAN français ont jusqu’au 1er juillet 2026 pour basculer vers l’agrément PSCA européen, délai que l’AMF a rappelé fermement en début d’année.
Par ailleurs, la conférence s’appuie notamment sur les conclusions de l’État des lieux global des risques en matière de financement du terrorisme publié en juillet 2025 par le GAFI, dont la France a assuré la corédaction. C’est cet organisme, fondé en 1989 lors du G7 de Paris, qui fixe les standards internationaux AML/CFT applicables aux crypto-actifs.
Ce qui se joue réellement ici dépasse MiCA. Le vrai angle mort poussé par le discours de Macron concerne les protocoles DeFi et les wallets non-custodial, précisément les zones grises que MiCA n’encadre pas encore. Or, l’Europe travaille déjà à réguler la DeFi, et la pression politique qui vient de s’exercer au niveau G7 ne fera qu’accélérer le calendrier.
Vers un durcissement international post-Évian ?
La déclaration de Macron est avant tout un signal diplomatique destiné aux États du G7 qui tardent à appliquer les standards GAFI sur les crypto-actifs. Mais pour l’écosystème, l’enjeu est concret : une pression internationale accrue sur les crypto-actifs, adossée à la présidence française du G7, pourrait déboucher sur de nouvelles exigences dès le Sommet d’Évian de juin 2026, et s’inviter dans les discussions sur MiCA II.
Le secteur devra répondre. Et répondre vite, avec des données. Car l’amalgame entre terrorisme et crypto, si commode politiquement, mérite d’être confronté aux chiffres réels des flux illicites, où le cash traditionnel reste, de loin, le premier vecteur.