David Sacks quitte son poste de « crypto czar » de Trump et rejoint un conseil stratégique
La tech entre à la Maison-Blanche. Les États-Unis rapprochent encore un peu plus la Silicon Valley du pouvoir. L’investisseur David Sacks rejoint un cercle stratégique directement lié à la Maison-Blanche, aux côtés de figures majeures de la tech comme Mark Zuckerberg ou Larry Ellison. Un mouvement qui confirme l’influence croissante du secteur technologique sur les décisions politiques américaines.
- Les États-Unis ont rapproché la Silicon Valley du pouvoir politique en intégrant des figures majeures de la tech dans un conseil stratégique lié à la Maison-Blanche.
- David Sacks a rejoint la co-présidence du PCAST, soulignant une influence grandissante de la technologie sur les décisions politiques américaines.
La Silicon Valley entre directement dans les cercles du pouvoir
Après avoir atteint la limite de 130 jours pour les employés gouvernementaux spéciaux, David Sacks quitte donc ses fonctions exécutives liées à l’intelligence artificielle et aux actifs numériques pour rejoindre la co-présidence du PCAST (President’s Council of Advisers on Science & Technology), un conseil chargé de conseiller directement le président américain sur les grandes orientations technologiques.
À ses côtés, plusieurs poids lourds de la Silicon Valley participent désormais aux réflexions stratégiques : l’investisseur Marc Andreessen, le cofondateur de Coinbase Fred Ehrsam ou encore des dirigeants de premier plan comme Larry Ellison et Mark Zuckerberg.
Cette concentration de profils issus du secteur privé marque un tournant. La technologie ne se contente plus d’influencer l’économie : elle s’invite désormais au cœur de la décision politique.
Le rôle de ce conseil est large. Il porte à la fois sur l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques ou encore les enjeux énergétiques liés à ces technologies. L’objectif est clair : accélérer le développement technologique des États-Unis tout en simplifiant les contraintes administratives.
Pour éviter les conflits d’intérêts, David Sacks, l’ancien « crypto tsar », a cédé plus de 200 millions de dollars d’investissements liés à la crypto avant sa prise de fonction. Une démarche qui souligne l’importance de la crédibilité dans un contexte où les liens entre pouvoir politique et grandes fortunes technologiques sont de plus en plus scrutés.

Une influence directe sur les règles du jeu technologique
Cette nomination intervient dans un contexte réglementaire encore incertain aux États-Unis. Plusieurs projets de loi sur les actifs numériques avancent difficilement, notamment au Sénat, où les débats restent bloqués sur des points techniques comme la régulation des stablecoins.
Dans ce paysage fragmenté, le PCAST pourrait jouer un rôle clé. En fournissant des recommandations directes à la présidence, ce conseil est en mesure d’orienter les décisions sur des sujets majeurs, comme la répartition des pouvoirs entre les autorités de régulation ou les priorités en matière d’innovation.
Mais cette montée en puissance de la tech dans les sphères politiques ne fait pas l’unanimité. Certains acteurs du secteur mettent en garde contre le risque de décisions prises dans l’urgence, au détriment d’un cadre réglementaire stable et durable.
L’enjeu est donc double : accélérer l’innovation tout en évitant de créer des règles fragiles ou incomplètes. Un équilibre difficile, dans un environnement où la pression économique et technologique s’intensifie.
Avec l’arrivée de David Sacks et d’autres figures majeures de la Silicon Valley dans les cercles décisionnels, les États-Unis franchissent une nouvelle étape. La frontière entre pouvoir politique et influence technologique devient de plus en plus floue. Ce rapprochement pourrait renforcer la capacité du pays à rester leader sur les technologies stratégiques comme l’IA ou la crypto. Mais il pose aussi une question centrale : jusqu’où les acteurs privés peuvent-ils orienter les décisions publiques ? Dans un monde où la technologie structure de plus en plus les équilibres économiques et géopolitiques, le pouvoir ne se joue plus seulement dans les institutions… mais aussi dans les entreprises qui façonnent l’innovation.