Accusé de vendre les carnets d’ordres de ses clients, Robinhood répond

Robinhood est encore une jeune plateforme de trading, disponible seulement dans certains états américains pour le moment, mais son trading à zéro frais a eu beaucoup de succès, notamment auprès des jeunes investisseurs. Lors de l’intégration de l’achat/vente de cryptos sur Yahoo Finance, Robinhood faisait partie (avec Coinbase) des plateformes vers lesquelles renvoyait le site. Mais de graves accusations ont touché le jeune exchange il y a quelques jours, auxquelles l’équipe a essayé d’apporter une réponse.

Les suspicions sur Robinhood sont arrivées peu après un rapport déposé par l’entreprise auprès de la SEC (Securities & Exchange Commission) : la société Robinhood Financial réaliserait actuellement des millions de dollars en vendant des données d’utilisateurs à des sociétés de trading à haute fréquence (« HFT »  pour high-frequency trading).

Suspicions de vente de données utilisateurs

D’après une enquête réalisée par Logan Kane, un journaliste de Seeking Alpha, reprise notamment par Bitcoin.com : « Il ressort des derniers rapports à la SEC que les sociétés de trading à haute fréquence payent Robinhood dix fois plus qu’elles ne le font à d’autres courtiers à bas coût [de frais de trading] pour le même volume », affirme-t-il.

La curiosité du journaliste avait été piquée dès le départ par le marketing de Robinhood, appuyant sur le fait que les opérations de trading étaient sans commission sur sa plateforme.

Le journaliste est encore plus mal à l’aise avec les entreprises choisies par Robinhood pour vendre ces flux d’informations sur les ordres aux marchés de ses clients, en particulier la société de HTF appelée Citadel :

« Les gens à qui Robinhood vend vos ordres ne sont certainement pas des saints (…) La SEC a condamné Citadel à une amende de 22 millions de dollars pour violation des lois sur les valeurs mobilières (securities) en 2017 (…) les informations divulguées par Robinhood suggèrent que quelque chose se passe dans les coulisses que nous ne comprenons pas chez Robinhood. »

Extrait du rapport remis à la SEC, source : Bitcoin.com

Il rajoute que cela « soulève des questions sur la qualité d’exécution que Robinhood fournit si ses véritables clients sont des sociétés de trading à haute fréquence. Le modèle économique sans commission [de trading] a tendance à gonfler le volume des transactions, faisant du client, l’investisseur, le produit plutôt que l’offre ou le service financier. La seule raison pour laquelle les traders à haute fréquence paieraient des dizaines voire des centaines de millions de dollars à Robinhood, c’est qu’ils peuvent exploiter les [données des] clients particuliers bien plus que ce qu’ils paient à Robinhood. »

La réponse de Robinhood

La réponse de l’exchange ne s’est pas fait attendre : Jack Randall, le responsable communication de Robinhood, a publié un communiqué de la plateforme via son Twitter officiel :

https://twitter.com/TheJGR/status/1041687200302157830

Repris par AMBcrypto, le communiqué vise à répondre aux suspicions soulevées par le journaliste de Seeking Alpha. Il commence par rappeler l’offre offerte par l’exchange :

« Robinhood, comme le reste du secteur, participe à des programmes de rabais qui aident les clients à améliorer leurs coûts sur leurs ordres, en créant une concurrence entre les exchanges et à fournir de la liquidité aux ordres, ce qui se traduit souvent par une qualité d’exécution supérieure. »

Concernant les accusations de ventes de données clients, Robinhood répond prendre « extrêmement au sérieux » la confidentialité et la sécurité de ses clients, et qu’ils n’ont pas vendu des données clients ou des données personnelles identifiables de quelque nature que ce soit.

Reste que le doute est semé, et qu’un flux de données est transmis à des sociétés qui ne sont pas réputées pour être des acteurs de trading fair-play, et qui, à l’inverse, seraient plutôt susceptible de jouer contre les positions des clients de Robinhood avec leur capacité de trading haute-fréquence. Gardons un œil sur l’affaire, en attendant d’en savoir davantage.

Sources : AMBCrypto ; Bitcoinist || Image from Shutterstock

Rémy R.

Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.