Bitcoin : Jack Dorsey veut lancer sa propre banque dédiée au BTC
Ce mardi, Block passe à l’étape suivante de sa doctrine bitcoiner. En effet, la société de Jack Dorsey a déposé une demande auprès de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), le régulateur bancaire fédéral américain, pour créer Builders Bank and Trust, une banque de dépôt fédérale dédiée à la garde de Bitcoin et de stablecoins, plutôt que de dépendre d’un prestataire tiers. Block veut devenir sa propre infrastructure bancaire, sous supervision fédérale directe plutôt que sous un patchwork de licences État par État.
- Block a déposé une demande pour créer Builders Bank and Trust, une banque dédiée à la garde de Bitcoin et de stablecoins.
- Depuis 2025, l’OCC a reçu un nombre croissant de demandes de charte bancaire fédérale liées aux actifs numériques.
Builders Bank : une charte, mais pas une banque comme les autres
Builders Bank and Trust ne sera pas une banque au sens où on l’entend habituellement. Pas de comptes courants, pas de crédit immobilier, pas de prêts aux particuliers. Ce serait plutôt une banque de dépôt non assurée, qui n’accepte aucun dépôt classique et ne prête pas d’argent.
Sa seule mission ? Garder du Bitcoin et des stablecoins pour le compte de tiers, sous le même toit réglementaire qu’une banque nationale. Si la charte est accordée, c’est Lee Woolley, actuellement à la tête de la stratégie actifs numériques de Block et passé par Northern Trust et BNY Mellon, qui en prendrait la présidence et la direction générale, selon le communiqué de Block du 8 septembre, sur la base de l’expérience acquise par Block avec sa filiale Square Financial Services.
« Forts de l’expérience de Block dans les actifs numériques, de notre histoire avec Square Financial Services et de l’expertise bancaire approfondie de l’équipe que nous avons réunie, nous pensons que Builders Bank est bien positionnée pour soutenir la vision plus large de Block en matière d’autonomisation économique. Nous avons hâte de travailler avec l’OCC alors que nous poursuivons une charte conçue pour garantir la conservation sécurisée des actifs de Block et de ses clients. »
Lee Woolley, futur président et directeur général de Builders Bank

Block n’est pas seul, l’OCC croule sous les dossiers crypto
Et Block est loin d’être un cas isolé. Depuis 2025, l’OCC a reçu quarante demandes de charte bancaire fédérale, dont vingt-trois liées aux actifs numériques selon le contrôleur de la monnaie Jonathan Gould lui-même. C’est un bond multiplié par huit en quatre ans. Vingt et une ont déjà été approuvées et deux rejetées, toujours selon The Block.
Quelques vainqueurs tirent leur épingle du lot. Revolut a obtenu son feu vert début septembre, après Coinbase, Paxos, BitGo, Ripple et Circle. La ruée bancaire crypto ne se limite donc plus à quelques pionniers isolés : elle devient presque la norme pour qui pèse assez lourd pour se le permettre. Le marché, lui, a plutôt haussé les épaules face à l’annonce de Block. Une demande de charte n’est jamais qu’une intention déposée sur un bureau à Washington ; l’agrément reste encore à obtenir, et l’OCC ne le distribue pas comme des bonbons.
Le calcul de Dorsey a toutefois sa logique. Détenir la garde de ses propres actifs plutôt que de dépendre d’un tiers, c’est exactement la philosophie qu’il prêche depuis des années sur Bitcoin, appliquée cette fois à l’échelle d’une entreprise cotée.
Un mouvement de fond qui dépasse Block, et qui a ses détracteurs
Cette ruée vers les chartes bancaires dit quelque chose de plus large que le seul appétit de Jack Dorsey pour l’autonomie. Elle traduit un pari collectif : les entreprises crypto américaines, de World Liberty Financial à Block, en passent toutes par la même porte fédérale plutôt que de bricoler licence par licence.
Tout le monde n’applaudit pas. La sénatrice Elizabeth Warren écrivait dès le 18 mai à Jonathan Gould que ces chartes de confiance permettaient à des sociétés de contourner les vraies obligations d’une banque : « Ce sont en réalité des banques crypto qui veulent échapper aux garde-fous et aux obligations fondamentales qui accompagnent le statut de banque. » Un raccourci réglementaire qui, s’il se généralise, pourrait redessiner qui a le droit de garder du Bitcoin pour le compte d’autrui aux États-Unis, sous le regard méfiant d’une partie du Congrès.