La renaissance Ethereum 2.0 : Ce que vous devez savoir sur les étapes de son lancement

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Lentement mais sûrement ! Avec le déploiement récent du contrat de dépôt, Ethereum 2.0 semble être à portée de main. Cependant, cette mise à jour d’envergure est loin d’arriver au terme des 3 étapes qui la composent. Mais quelles sont ces étapes ?

Pourquoi Ethereum 2.0 ?

Avant d’entrer dans les détails des étapes qui composent le lancement d’Ethereum 2.0, revenons sur sa raison d’être.

À son lancement, Ethereum s’est basé sur un mécanisme de consensus similaire à Bitcoin, à savoir le Proof of Work. Un choix tout à fait logique sachant qu’à l’époque, c’était le mécanisme de consensus le plus répandu et éprouvé.

Cependant, dès 2015, à savoir l’année de lancement du protocole Ethereum, ses développeurs ont déjà en tête l’idée d’une transition du Proof of Work au Proof of Stake

“Le Proof of Work implique la conversion inefficace de l’électricité en chaleur, en Ether et en stabilité du réseau, et nous aimerions bien ne pas réchauffer l’atmosphère avec notre logiciel plus qu’il n’est absolument nécessaire. À moins d’acheter des compensations carbone pour chaque unité d’éther créée (est-ce une si mauvaise idée ?), nous avons besoin d’une solution algorithmique : la tristement célèbre Preuve de l’enjeu.”

2015 Vinay Gupta sur le blog d’Ethereum, en 2015

Ainsi, les promesses du Proof of Stake sont nombreuses : gain en rapidité, en efficacité et en accessibilité. En plus de cela vient s’ajouter la résistance à la cartellisation de l’écosystème du minage autour de quelques acteurs centraux – même si cette formation de cartels peut alors tenter de se déporter du côté des stakers.

Cependant, Ethereum n’est alors qu’à ses balbutiements. De ce fait, le Proof of Work est maintenu et le Proof of Stake repoussé à une mise à jour postérieure : Ethereum 2.0.

Plus les années passent, plus Ethereum atteint ses limites en termes de capacité de traitement des transactions. Ce phénomène engendre des répercussions telles que la hausse importante des frais ou encore la paralysie du réseau. Dans les faits, il est impératif de repenser le système pour lui permettre de traiter plus de données.

Également, le projet Ethereum 2.0 a vu d’autres améliorations techniques lui être greffées au fil du temps, comme le sharding que nous allons voir plus tard dans cet article.

Ainsi, le 4 novembre dernier, la fondation Ethereum a publié le contrat de dépôt d’Ethereum 2.0, première pierre à l’édifice que représente cette mise à jour. Cependant, cela ne marque en aucun cas le lancement final d’Ethereum 2.0, mais bien le commencement d’une série de mises à jour successives, décomposée en 3 phases qui pourrait s’étendre sur plusieurs années.

Phase 0 : la beacon chain

La phase 0 a été initiée le 4 novembre, celle-ci représente la première phase de la transition vers Ethereum 2.0.

En pratique, la phase 0 est celle qui introduit la Beacon Chain. La Beacon Chain est la blockchain centrale du réseau Ethereum 2.0. Cette dernière assure deux missions principales :

  • assurer le système de consensus, à savoir le Proof of Stake ;
  • assurer la synchronisation entre les shards, à savoir les différents sous réseaux qui viendront s’y greffer à l’avenir.
sharding ethereum
Le sharding : une fragmentation de la blockchain grâce aux preuves cryptographiques – Image de Hsiao-Wei Wang.

Ainsi, comme nous venons le voir, c’est la Beacon Chain qui initiera la transition vers le Proof of Stake. Cependant, celle-ci ne sera lancée que lorsque le contrat de dépôt (celui déployé le 4 novembre dernier) détiendra 524 288 ETH déposés par 16 384 futurs validateurs.

Au plus tôt, les développeurs ont annoncé que la production de blocs sur la Beacon Chain pourrait démarrer dès le 1er décembre. Cependant, au vu de l’avancée du contrat de dépôt, il est fort probable que cette date soit repoussée.

Dans les faits, la Beacon Chain n’aura pas grande utilité. En effet, aucune fonctionnalité relative aux transferts ou aux smart contracts ne seront présentent. Cette chaîne permettra uniquement d’initier le Proof of Stake sur Ethereum 2.0.

Phase 1 : les shards chains

Une fois la Beacon chain lancée et fonctionnelle, la phase 0 laissera place à la phase 1, qui vise à introduire les Shard chains.

Les Shard chains ont la particularité de permettre de découper le réseau en une multitude de sous-réseaux, chargés de traiter indépendamment leurs données.

« Le sharding est un processus qui consiste à diviser une base de données horizontalement pour répartir la charge – c’est un concept courant en informatique. »

Le site officiel d’Ethereum.

L’état et les données de ces différents sous-réseaux sont ensuite synchronisés par la Beacon chain, qui fait office de colonne vertébrale du système, assurant la cohérence des données.

Les Shards apportent de nombreux avantages, comme faciliter l’accès aux nœuds complets en réduisant les prérequis matériels nécessaires. Il peut également permettre d’augmenter le nombre de transactions par seconde que la blockchain peut traiter.

“Les shards eux-mêmes gagneront en caractéristiques au fil du temps, en plusieurs phases.”

Le site officiel.

La phase 1 d’Ethereum 2.0 devrait voir le jour en 2021, d’après les informations publiées par la fondation Ethereum. Cependant, ces informations sont à prendre avec des pincettes au vu des nombreux retards déjà rencontré par Ethereum 2.0.

Phase 2 : The Docker

Une fois les Shards déployés et fonctionnels, Ethereum 2.0 rentrera dans la troisième et dernière phase de son déploiement, à savoir la phase 2, intitulée “The Docker”.

Cette dernière étape est, semblerait-il, la plus importante de la transition. Vous l’aurez peut-être remarqué, mais aucune mention d’Ethereum 1.0 n’a été faite dans les phase 0 et 1.

En effet, lors du déploiement des phases 0 et 1, Ethereum et Ethereum 2.0 seront deux blockchains distinctes qui fonctionneront en parallèle.

Hypothèse de transition entre ETH 1.0 et ETH 2.0, les deux chaînes co-existants momentanément.

Ainsi, la phase 2 vise à intégrer “l’ancien” Ethereum, souvent désigné par l’appellation Ethereum 1.0, dans la nouvelle version d’Ethereum 2.0.

Pour ce faire, Ethereum 1.0 sera intégré à Ethereum 2.0 sous la forme d’un Shard. Ainsi, Ethereum 1.0 deviendra un sous réseau d’Ethereum 2.0.

Cette intégration marquera la fin du Proof of Work pour Ethereum et la généralisation du Proof of Stake.

C’est également dans cette phase qui introduira les transferts et l’ensemble des logiques relatives aux smart contracts sur Ethereum 2.0, comme l’explique le site officiel :

“Cette mise à niveau rendra les autres shards semblables au mainnet : ils pourront traiter les transactions et les contrats intelligents et ne se contenteront pas de fournir davantage de données.”

Cette dernière phase est, quant à elle prévue, pour l’horizon 2021/2022 d’après les informations publiées par la fondation Ethereum. Une fois de plus, tout retard dans les phases précédentes entraînera indubitablement des retards sur celle-ci.

Ethereum 2.0, c’est pas pour demain !

Comme nous venons de le voir, nous sommes encore loin de pouvoir profiter pleinement des promesses d’Ethereum 2.0.

Ethereum futures

Son déploiement complet devrait encore, au bas mot, prendre 1 à 2 ans, si celui-ci n’est pas victime de retards.

Malgré cela, tout n’est pas perdu pour Ethereum. En effet, en attendant de pouvoir profiter des performances d’Ethereum 2.0, Ethereum 1.0 devra tirer parti des avantages offerts par les solutions de seconde couche pour mitiger ses problèmes de congestion.

Renaud H.

Auteur

Étudiant ingénieur en software et en systèmes distribués, crypto-enthousiaste depuis 2013. Touche à tout, entre mining et développement, je cherche toujours à en apprendre plus sur l’univers des cryptomonnaies et à partager le fruit de mes recherches à travers mes articles.

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