Meta déploie l’USDC : pourquoi Washington tente de bloquer l’offensive de Zuckerberg
Depuis quelques jours, Meta paie certains créateurs en USDC via Stripe. Le 8 mai 2026, cette expérimentation a crée la polémique du Sénat américain. Washington redoute que l’intégration de stablecoins par les géants du web n’échappe à tout contrôle réglementaire et ne fragilise le système financier traditionnel. L’entreprise de Zuckerberg s’appuie aujourd’hui sur les réseaux existants pour capter les flux d’un marché qui dépasse les 300 milliards de dollars.

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L’USDC : le nouveau cheval de Troie de Meta
L’échec du projet Diem en 2022 a servi de leçon à Meta. L’émission d’un stablecoin maison provoquait un blocage réglementaire systématique, alors l’entreprise utilise désormais les actifs existants.
Depuis le 29 avril 2026, Meta mène une expérimentation en Colombie et aux Philippines : les créateurs reçoivent désormais leurs revenus directement en USDC.
Pour garantir des transferts instantanés, le groupe s’appuie sur l’infrastructure de Stripe et les blockchains Solana et Polygon. Ce montage permet à Zuckerberg de contourner le système bancaire classique, sans endosser le statut d’émetteur.
En devenant l’interface de paiement, le réseau social pourrait lier les comportements d’achat aux profils de ses 3,5 milliards d’utilisateurs. Meta aurait ainsi la possibilité de s’appuyer sur ces données transactionnelles pour affiner ses algorithmes publicitaires, une perspective qui alerte déjà les autorités américaines.
La faille du GENIUS Act : Meta contournerait-il la loi ?
La sénatrice Elizabeth Warren exige que Mark Zuckerberg explique sur ce « manque de transparence profondément préoccupant ».
Son analyse pointe une faille dans le GENIUS Act, le cadre législatif américain sur les stablecoins adopté en juillet 2025. Ce texte interdit l’émission de stablecoins pour les sociétés cotées dont l’activité n’est pas principalement financière, mais exempte les entreprises non cotées.
Elizabeth Warren redoute que Meta n’exploite cette brèche en déléguant l’émission à Circle et la technique à Stripe.
En se plaçant comme simple interface, le groupe ferait transiter des volumes financiers conséquents, sans se plier aux contraintes de sécurité imposées aux banques. Pour la sénatrice, l’enjeu dépasse la simple technique : en échappant au statut bancaire, Meta s’affranchirait également des règles strictes de séparation entre flux financiers et gestion de données.
Un porte-parole de Meta assure pourtant que l’entreprise n’émet aucun actif et propose un simple outil de paiement.
Pour la sénatrice, l’argument est irrecevable : ce montage expose directement l’économie réelle aux secousses de la crypto. Le Sénat refuse que l’État se retrouve un jour contraint de renflouer une infrastructure privée pour protéger l’épargne des citoyens.
Meta est-elle une banque ? Le Sénat lance son ultimatum
Le calendrier imposé par Washington est sans appel. Meta a jusqu’au 20 mai 2026 pour répondre aux questions de la Commission bancaire du Sénat. Pour Elizabeth Warren, l’enjeu est de prouver que l’entreprise dissimule une activité bancaire sous un simple habillage technique.
La sénatrice exige de savoir si MetaPay permet désormais la détention directe de stablecoins, ce qui placerait l’entreprise sous la même réglementation que les banques traditionnelles.
Elle demande également une transparence totale sur les profits : Meta perçoit-elle des commissions sur les intérêts générés par les réserves de l’USDC ?
Sans réponse satisfaisante sur ces points clés, Mark Zuckerberg s’expose à une audition publique sous haute tension.
L’inquiétude des élus s’appuie notamment sur l’explosion du secteur qui, porté par les géants du web, pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars d’ici 3 ans, et jusqu’à 4 000 milliards d’ici 2030 selon l’analyste Matt Hougan.
Exploiter l’USDC sans nourrir la régie publicitaire de Zuckerberg
Le déploiement de l’USDC par Meta confirme une tendance de fond. Le stablecoin devient le standard du transfert de valeur.
Mais là où le réseau social tente d’intégrer cette technologie pour renforcer son propre écosystème, une autre vision s’oppose à celle de Zuckerberg : celle d’une finance réellement décentralisée.
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